BERLIN

«  BERLIN  », Pierre-Emmanuel Weck, 77 pho­to­gra­phies noir et blanc, texte fran­çais et alle­mand, 84 pages, Éditions Tem­po­raires, mars 2013, 17 € — ISBN : 978 – 2 – 9544623 – 0 – 1

Le livre a été maquetté par Syl­vain Pei­rani et la tra­duc­tion du texte d’introduction réa­lisé par Gerhard Theu­ring. L’impression a été faite sur les presse d’Expres­sion II à Bel­le­ville à Paris.

Bas­cu­le­ment

Pour­quoi la déso­la­tion nous fascine-t-elle tant ?

Dans le Ber­lin de la fin des années 80, les cica­trices du siècle sont encore bien visibles sur la ville. Les éclats des impacts de balles, des immeubles et des gares en ruines, des ter­rains vagues, des ali­gne­ments de façades grises et monotones…

Et puis le monde bas­cule et ouvre sur d’autres ruines, d’autres façades tristes, un immense nou­veau ter­rain vague au milieu de la ville… de nou­velles cica­trices, de nou­velles traces du temps.

Comme des enfants nous décou­vrons que le monde des adultes est fait d’horreurs et de tris­tesses, de des­truc­tion et de mort, mais aussi de fas­ci­na­tions et d’excitations, de désirs et de créations.

La longue période pen­dant laquelle Ber­lin fut la capi­tale du XX ° siècle se ter­mine, un autre cycle débute.

Le bas­cu­le­ment de l’Histoire, sym­bo­lisé par la chute du Mur de Ber­lin, trans­forme le pré­sent en trace du passé. Il balaye tout sur son pas­sage, la grande comme les petites his­toires, les pires moments comme les plus uto­piques des années 60 – 80 où cha­cun ten­tait de réin­ven­ter un monde meilleur à par­tir des décombres de la ville.

L’année 89 – 90 est celle d’un ins­tant dif­fus où les choses vont dis­pa­raitre subrep­ti­ce­ment, où le temps va reprendre son cours, où les ami­tiés se retour­ner et d’autres se nouer, où quelque chose va arri­ver et où Ber­lin, trop grande pour l’ancien siècle, va dou­bler de taille pour entrer dans le nouveau…

Entre nos­tal­gie et espoir, fin et com­men­ce­ment, clô­ture et réou­ver­ture, entre deux époques.