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	<title>Pierre-Emmanuel Weck &#187; Photojournalisme</title>
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	<description>Zone Photographique Temporaire</description>
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		<title>De l’utilité de la photographie</title>
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		<pubDate>Tue, 11 Oct 2011 15:13:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre-Emmanuel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Photojournalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[<p style="text-align: justify">Suite à la diffusion d’un article relayé par mon amis Arnaud Contreras sur <a href="http://www.facebook.com/arnaudcontreras/posts/293287024017691?ref=notif&#38;notif_t=close_friend_activity" target="_blank">Facebook</a> : “Pourquoi il faut arrêter la photo de concert” publié sur le site le <a href="http://www.le-hiboo.com/479-pourquoi-il-faut-arreter-la-photo-de-concert/" target="_blank">hiboo</a>, je voulais mettre un petit commentaire, mais, trop long, je le mets ici.</p> <p style="text-align: justify">Les difficultés du monde de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Suite à la diffusion d’un article relayé par mon amis Arnaud Contreras sur <a href="http://www.facebook.com/arnaudcontreras/posts/293287024017691?ref=notif&amp;notif_t=close_friend_activity" target="_blank">Facebook</a> : “Pourquoi il faut arrêter la photo de concert” publié sur le site le <a href="http://www.le-hiboo.com/479-pourquoi-il-faut-arreter-la-photo-de-concert/" target="_blank">hiboo</a>, je voulais mettre un petit commentaire, mais, trop long, je le mets ici.</strong></p>
<p style="text-align: justify">Les difficultés du monde de la photo est sujet récurant (<a href="http://www.uzine.net/rubrique100.html" target="_blank">ici</a>, <a href="http://kecebolaphotographie.blogspot.com/" target="_blank">là</a>  <a href="http://destroyphoto.blogspot.com/" target="_blank">là</a>, et <a href="http://blogs.mediapart.fr/edition/dijon-bourgogne/article/130110/photodafe-en-bourgogne" target="_blank">là</a> et encore <a href="http://www.flickr.com/groups/photoreporters/" target="_blank">ici</a>) que l’on constate dans d’autres domaines que celui de la photo de concert (les manifs de rues ou les défilés de mode par exemple) et qui pose plein de questions :</p>
<p style="text-align: justify">
<strong>La multiplication des photographes :</strong></p>
<p style="text-align: justify">La technique se démocratise (la démocratie n’a rien à voir là-dedans, ça veut dire se massifie, on peut rester dans un système capitaliste et ne pas être en démocratie, c’est même mieux pour les affaires !). Les gens ont envie de profiter de leur matériel, donc quand on a un appareil photo on est photographe, tandis que quand on a un stylo on est pas forcément écrivain. C’est une question de culture. Il y a des domaines où la frontière est moins franche. Le conducteur macho se prend pour un pilote de rallye. C’est un rapport au pouvoir, à la captation, au sentiment de toute puissance (tout cela n’étant pas forcément négatif, le pilote doit être habité par ces sentiments pour être le meilleur sur le circuit, simplement il fait la distinction entre la route et le circuit et socialement il est valorisé sur le circuit, tandis que monsieur tout le monde est condamné sur la route);</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>La gratuité :</strong></p>
<p style="text-align: justify">Les organisateurs donnent des places gratuites aux photographes en échange des clichés. Ça coûte moins cher que de payer des photographes pour diffuser les images puisque chacun va le faire sur son blog, Flickr, Facebook, Twitter et j’en passe. Les clichés sont mauvais ? Qu’importe, car l’organisateur ne vend pas une bonne image, mais un moment exceptionnel avec tel musicien. La bonne image, c’est pour les photographes professionnels qui sont peu nombreux. La qualité est dans le concert, le reste c’est du buzz. Aujourd’hui, avoir été photographié par tel ou tel grand photographe n’apporte pas beaucoup de valeur ajoutée à l’image du groupe (comme avant d’avoir été photographié par Alain Dister), un petit reportage rapide sur une grande chaine est bien plus rentable (le “quart d’heure de célébrité” d’Andy Warhol).<br />
<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>La gratuité 2 :</strong></p>
<p style="text-align: justify">Sautant sur l’occasion, les médias, pas seulement les organisateurs de concerts, ont décidé que, puisque tout le monde pouvait faire des photos, le photographe professionnel n’apportait rien de plus que n’importe qui. Et puisqu’on trouve ces photos sur le net gratuitement et que les gens sont flattés de les donner, pourquoi payer ? Et la qualité ? Et la notion de journalisme ? On s’en fout ! Le journaliste n’est plus celui qui fait de l’analyse, qui met en perspective, qui rappel les faits, l’historique, etc. c’est celui qui reprend la dépêche AFP et la fait rentrer dans la case prévue (journaux gratuits). On garde l’aspect scoop du mythe du photographe et on oublie tout le reste. Comme il y a des millions de capteurs numériques dans la nature, il y a bien moyen d’avoir quelque chose toujours prêt à être pris en photo pour être transformé un scoop. (Scoop voulant dire, quelque chose de pas ordinaire transformé en spectaculaire, et non, quête, enquête, attente, recherche et révélation de quelque chose de caché qui était nuisible à la société). Le sens des mots change.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Je photographie donc j’existe.</strong></p>
<p style="text-align: justify">Globalement, les gens s’ennuient au travail, ce n’est plus là qu’on se réalise. Le sentiment de vivre ensemble dans une même société s’estompe (mais ce sentiment n’a-t-il en fait jamais vraiment existé ?). Le militantisme, qui pouvait être un lieu de réinvention de sa vie présente et future, n’a plus la cote. La religion ? C’est vraiment ringard… Il ne reste pas grand-chose, sinon l’Art. L’art ? Ah enfin un grand machin qui vous transcende, un truc qui touche à l’éternité, qui apporte des réponses sur le sens de la vie (Pourquoi tu fais des photos ? Pour faire de l’art !)<br />
Ça me rappelle un débat sur Indymedia avec les Black Blocks qui reprochaient aux militants de passer leur temps à faire des photos dans les manifs anti-G8 au lieu d’être dans l’action. D’autant plus que ces milliers de photographes ne diffusaient même pas leurs images à l’époque bien qu’Indymedia passait son temps à les solliciter (il n’y avait pas encore les blogs et Flickr). C’est-à-dire que même cet espace politique, communautaire… n’était pas utilisé et qu’une fois l’arrivée des blogs et de Flickr, chacun est allé disperser ses images sur ces sites personnels et marchands. Paradoxalement, on vivait, à travers ces grands moments collectifs de contestations, la fin de ce même collectif et de la contestation. Le monde marchand, par la technologique, a alors apporté une nouvelle expérience de vie qui a vidée tous projets collectifs pour en faire une multitude de projets individuels (Comme on vide les cafés, lieux de rencontres, d’échanges… en vendant des machines à café). On est pas content ? Faisons vite une pétition sur Facebook et on aura eu le sentiment d’avoir fait une grande chose pour l’Humanité. C’est bon pour l’individu à court terme qui se libère des vieilles organisations sclérosées et mauvais pour la société à long terme si cela ne recréer pas du collectif (pas au sens stalinien, évidement ! Plutôt au sens où l’entendait Deleuze, Guattari ou Castoriadis).</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: right"><em><strong>Digression sur l’objet symbolique, du summum de l’humanité, l’iPhone :</strong> </em></p>
<p style="text-align: right"><em>C’est l’appareil le plus utilisé sur Flickr. Apple et son gourou (celui qui donne un sens à nos vies tristes en les esthétisants tout en les verrouillant) ont permis de transformer tout utilisateur d’un iPhone en un super héros de sa propre vie (film, photo, enregistrement sonore « je me souviendrai de tout et je ne raterai rien », jeux « je suis constamment sollicité, jamais en repos », géolocalisation « je sais désormais où je suis, mais je perds mon autonomie », accès instantané en tous lieux au Web, chat’ permanent, e-mail, SMS « je ne suis plus jamais seul face à moi-même »… et accessoirement téléphone). Ce type nous a apporté, par la technologie, un jouet qui peut combler tous les vides de nos vies, tous les moments d’ennui. Ils ne nous font pas accéder à un niveau de conscience supérieur, à une pensée philosophique pointue, à un apaisement intérieur, non, sans effort, avec cet objet, nous sommes devenus cyborg (moitié homme, moitié machine), nous transplantons et déléguons à la machine notre âme. D’où la frénésie d’utilisation. Nous pouvons ainsi nous regarder exister. Plus nous tapotons sur l’écran, plus nous nous voyons vivre. Nous ne vivons plus notre vie, nous nous regardons la vivre. L’écran nous renvoie en miroir l’image retouchée, quasi parfaite, de notre vie, et, en même temps, nous protège d’avoir à la vivre véritablement avec tous les risques que cela comporte.</em></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Alors qu’importe que la photo soit bonne ou pas, le débat n’est pas là. On entendra toujours mille et un arguments, de bonne ou mauvaise foi, pour justifier le fait d’avoir sorti l’appareil (“c’est pour un souvenir”, “c’est mon anniversaire”, “c’est pour ma cousine”, “moi c’est pas pareil”, “j’ai payé”…). On ne peut pas porter le débat là dessus parce que tous les professionnels ne sont pas bons, parce qu’un amateur peut aussi être un véritable amoureux de la photo, parce qu’il y a des gens plus visuels qu’auditifs… C’est que l’on ne peut pas combattre une pulsion de vie “j’existe parce que je photographie” de cette manière. D’ailleurs, il ne s’agit pas de la combattre, mais de l’éduquer (on a bien des besoins de nourriture sans pour autant aller piller le premier magasin venu, on a de l’éducation). La production et la consommation massive d’image sont assez nouvelles dans la société, il faut donc lui laisser le temps d’apprendre à s’en servir (l’aspect technologique), mais aussi à en apprendre l’usage (les bons moments pour le faire, la politesse, etc., tout ce qui doit s’élaborer collectivement et qui fait le vivre ensemble (on pète pas à table)).</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Conclusion temporaire :</strong></p>
<p style="text-align: justify">Ce genre d’articles sur les blogs, il y en a pleins. Nous, les photographes, restons encore dans la complainte, car, pour le moment, nous n’avons pas réussi à trouver autre chose. Nous dépendons trop d’autres corps de métier (en attendant d’inventer autre chose) pour pouvoir tout reprendre à notre compte. D’ailleurs, nous nous épuisons, même si c’est passionnant, à vouloir reprendre toute la chaine de production (nous devons avoir l’idée, chercher les financements, planifier les reportages, faire le reportage, faire l’éditing, les tirages, les retouches, animer le site du reportage et les réseaux sociaux qui y sont liés, trouver des diffuseurs, intervenir dans les colloques qui parlent de notre sujet, raconter le sujet reportage et raconter le reportage lui-même, penser aux produits dérivés : livre, exposition, POM, webdoc, carte postale, fond d’écran…). Nous devons nous sortir de notre propre vision mythique ainsi que de celle que projette le reste de la société sur nous. Nous sommes pris dans des changements variés (technologique, politique, économique, sociétale…) qui font que nous n’avons plus la maîtrise de rien. En tout cas, pas de notre quotidien et pas non plus de notre avenir. Nous quittons un âge d’or (où l’on pouvait vivre relativement nombreux et correctement de la photo) pour entrer dans une période où il faut tout repenser à zéro. On passe d’une profession qui était réservée à une élite, qui a connu une massification rapide quand l’économie fonctionnait encore bien puis à un fort rétrécissement du marché avec une accélération de la massification technologique doublée d’un désenchantement sociétal qui attire les gens vers le mythe de liberté de cette activité (j’ose plus dire profession).</p>
<p style="text-align: justify">Pour ceux qui font du photojournalisme, on sait que cette tendance est également visible dans tout le reste de la société. Mais comme on passait notre temps à la regarder (la société), on a pas vu que ça nous arrivait aussi. Comme toute profession, on avait aussi une haute opinion de nous-mêmes, on pensait que ça pouvait pas nous arriver. Après tout, le photographe côtoie aussi les puissants, il a donc cru qu’il faisait un peu partie de leur monde, qu’on lui laisserait une niche. Mais le buzz est plus important que l’information, le bruit que l’analyse. Le photographe trop journaliste est donc gênant (comme le philosophe, le sociologue…), mieux vaut avoir la masse. Comme le bon paysan bio gêne l’agro-industrie ; le vendeur sur le marché, l’hypermarché ; la mémé avec ses tisanes, l’industrie pharmaceutique ; les grands-parents, la société de baby-sitting…</p>
<p style="text-align: justify">La difficulté à faire émerger ce débat (pas plus illégitime que ceux de la santé, l’éducation…), c’est que les médias dits alternatifs sont aussi piégés là-dedans. Que ce soit, pour mon expérience personnelle ou proche : <a href="http://www.weck.info/2009/02/21/temoignage-chretien-la-fin-des-voleurs/" target="_blank">Témoignages Chrétiens</a> ou <a href="http://www.weck.info/2007/09/27/politis-est-il-un-journal-altermondialiste/" target="_blank">Politis</a> qui volent des photos et ne veulent pas les payer, les <a href="http://nouveauxmilitants.net/revue-de-presse/les-inrockuptibles/" target="_blank">Inrockuptibles</a> qui pillent un livre pour en faire un article “original”, la pige de l’Herald Tribune qui passe de 250 à 25 euros en un an… où le Monde Diplo qui considère qu’aborder le sujet, c’est faire du corporatisme (mais analyser les méchants capitalistes, ça, c’est faire oeuvre utile, comme si le monde était si simple avec les bons et les méchants). Sans compte la plateforme Culture Visuelle, merveilleux outil de réflexion à condition de ne pas sortir du cadre fixé et qui vous traite de réac (le fameux <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Godwin" target="_blank">point Golding</a>) quand vous vous plaigniez des conditions économiques de la profession (il faudrait faire un gros travail de recherche sur les chercheurs… leurs réseaux, les liens avec les assos comme Freelens, certains collectifs… où l’on remarque les interventions croisées dans les colloques des uns, les préfaces de livres des autres… tout un univers autoréférentiel, de cooptations propres à tout univers professionnel, mais qui tend à se crisper face à toute critique radicale et à se recroqueviller sur lui-même en temps de crise). C’est un peu comme avoir une boutique bio à Paris, mais vendre des tomates de Chine, de la salade verte d’Afrique du Sud, des concombres du Pérou et utiliser des caissières stagiaires moins de trois mois pour ne pas avoir à leur payer d’indemnité… C’est bio, mais… C’est de la photo, mais…</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong><span style="color: #ff6600">Pour continuer le débat sur <span style="color: #ff6600">La Vie des Idées</span> :</span></strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify"><strong>Presse et démocratie</strong><br />
Dans quelle mesure les transformations technologiques et économiques de la presse contemporaine affectent-elles la démocratie ? L’état des lieux que dresse La Vie des idées permet de sortir d’une dichotomie simple entre Internet et la presse traditionnelle sur cette question. (<a href="http://www.laviedesidees.fr/Presse-et-democratie.html" target="_blank">la suite</a>)</p>
</blockquote>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Témoignage Chrétien : la fin des voleurs</title>
		<link>http://www.weck.info/2009/02/21/temoignage-chretien-la-fin-des-voleurs/</link>
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		<pubDate>Sat, 21 Feb 2009 14:04:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre-Emmanuel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Photojournalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[<p style="text-align: justify">Témoignage Chrétien lance un appel à soutien. Les ventes baissent (moins de 10.000 exemplaires), une partie du personnel politique de gauche signa l’appel lancé par l’ancien président de la commission européenne, celui qui se dit chrétien et qui a mis en place les structures libérales de l’Europe. Tout ne ça mange pas de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">Témoignage Chrétien lance un appel à soutien. Les ventes baissent (moins de 10.000 exemplaires), une partie du personnel politique de gauche signa l’appel lancé par l’ancien président de la commission européenne, celui qui se dit chrétien et qui a mis en place les structures libérales de l’Europe. Tout ne ça mange pas de pain, un journal qui n’a plus aucune influence, qu’on n’achète même pas, mais qui vous ai favorable n’a aucun intérêt.</p>
<p style="text-align: justify">Alors le PDG nous dit : “La simple considération des chiffres comptables ne donne plus au journal que quelques mois d’espérance de vie” et bien tout ça est une très bonne chose !</p>
<p style="text-align: justify">Il y a quelque temps, j’apprenais par hasard que ce journal avait fait sa couverture ainsi que plusieurs pleines pages intérieures avec mes photos. Pour l’occasion j’avais bien entendu été rebaptisé “D.R.”, le truc qui permet au journal de dire qu’il ne savait pas que c’était moi l’auteur des images et que donc elles étaient gratuites. N’empêche, la couv’ c’est que dans leurs esprits ça devait faire vendre, non ?</p>
<p style="text-align: justify">J’envoie un mail au réac-chef’ qui comprend que je veille être payé, mais qui m’invite à prendre contact avec le pigiste qui a fait l’article. Je lui réponds que c’est gentil de me faire connaître cette personne, mais que je voyais pas le rapport étant donné que c’était lui le réac-chef et pas le pigiste et que par conséquent c’était lui qui devait régler ces histoires d’argent. Là pas de réponse.</p>
<p style="text-align: justify">Le pigiste m’envoie donc un mail. Il m’explique la larme à l’oeil que le journal est en grande difficulté. Ainsi, pendant que l’équipe dirigeante du journal reçoit son salaire par virement automatique chaque fin de mois, lui doit attendre le mois suivant pour être payé. Mais c’est normal il est pigiste.</p>
<p style="text-align: justify">Il m’explique que s’il avait su que les photos étaient payantes, il ne les aurait APS pris. Là , il venait de m’infliger une très grande leçon de journalisme professionnel : une image payante faite par un professionnel ne vaut rien, une image gratuite‚ prise par un amateur, si !</p>
<p style="text-align: justify">Dans sa grande bonté et par un louable souci pédagogique de me faire comprendre les nouvelles pratiques capitalistes, il me fit même suivre un mail qu’il avait envoyé à sa rédaction. Dedans il listait et expliquait quels groupes militants fournissaient des images gratuites. Mais aussi que, par exemple, Jeudi Noir invitait à prendre contact avec des photographes indépendants pour se fournir en images, payantes, afin de ne pas ajouter à la précarité cette profession en difficulté. Jeudi Noir… ce doit être des chrétiens, voir pire des communistes, pour raisonner comme ça. Le partage, la solidarité et la communion pendant qu’ils y sont. Vraiment n’importe quoi ces jeunes militants, ils sont vraiment pas dans l’air du temps !</p>
<p style="text-align: justify">Alors aujourd’hui, ce journal aux valeurs humanistes et aux pratiques libéral va disparaitre ? C’est pas mieux que Politis. Faites ce que je dis, pas ce que je fais… On en meurt de ces leçons de morale politique, de ces manipulations affectives (un journal issu de la résistance fondé en 1941 pendant l’occupation !). Il ne sert qu’à entretenir l’illusion d’une opposition bien fade, bien conventionnelle, bien docile de celle qui ne gêne personne et surtout pas le système dont il copie le fonctionnement.</p>
<p style="text-align: justify">Bon, s’il reste encore quelques crétins… euh… chrétiens, pour devenir actionnaires, faut faire un “versement minimum de 10.000 euros” parce qu’il y-a pas que les idées à soutenir, mais aussi le train de vie de sa direction. Le libéralisme a de beaux jours devant lui !!</p>
<p><span style="color: #ff6600"><strong>9 commentaires pour “Témoignage Chrétien : la fin des voleurs”</strong></span></p>
<p><span style="color: #333399"><strong>Antonin dit :</strong></span><br />
21 February 2009 à 4:36 pm</p>
<blockquote><p>Ben ça fait toujours chier qu’un canard disparaisse, indépendamment de leur positionnement ou de la gentillesse du red chef’ mais c’est sûr que les histoires de vol comme ça, ça commence à être relou!</p></blockquote>
<p><span style="color: #333399"><strong>Luc Chatel dit :</strong></span><br />
23 February 2009 à 9:56 am</p>
<blockquote><p>Vous voici donc heureux : l’ensemble du personnel de témoignage chrétien est sur le point de se retrouver au chômage.<br />
Les lecteurs de votre blog auront sans doute été touchés par votre analyse de l’état de la presse en France, analyse parfaitement détachée de votre propre personne. Vous nous reprochez de ne penser qu’à nos intérêts. Mais n’est-ce pas ce que vous faites en publiant ce texte vengeur.<br />
Sachez que votre entreprise de déstabilisation ne nous empêchera nullement de poursuivre notre combat politique et social, et pour la survie de l’un des derniers titres indépendants. Et je vous informe que vous êtes le seul sur le web à vous féliciter de notre mort… avec des sites intégristes. Quant à vos jeux de mots douteux, ils marquent la hauteur d’esprit à laquelle vous vous placez. Les derniers fondateurs du journal encore vivants, créé dans la Résistance en 1941, apprécieront cet hommage.<br />
Luc Chatel<br />
rédacteur en chef de Témoignage chrétien</p></blockquote>
<p><span style="color: #333399"><strong>Pierre-Emmanuel Weck dit :</strong></span><br />
23 February 2009 à 8:04 pm</p>
<blockquote><p>Et bien il est pour le moins fâché le Luc ! Ça fait mal de couler et que personne ne vienne vous tendre la main, hein ?</p>
<p>S’en prendre avec une telle violence à un tout petit photographe qui vient de faire faillite montre bien qu’être pris la main dans le sac lui reste en travers. Lui resterait-il quelque trace de morale dans ses pratiques libérales ?</p>
<p>Alors, oui, il va y avoir des chômeurs, je ne peux vous répondre que : bien venu au club ! Après m’avoir volé mes images et avoir contribué activement à mon dépôt de bilan, c’est son tour, sauf que moi, je n’ai pas été malhonnête, je n’ai pillé personne, j’ai juste relaté ses agissements douteux, le décalage profond ente ce qu’il dit et ce qu’il fait ! C’est là toute la différence entre lui et moi.</p>
<p>Après, me comparé aux intégristes ! là , ça vole bas, pourquoi pas faschiste aussi ou négationniste, c’est à la mode ! On sent que l’argumentation n’a pas été très réfléchie ! Ce qui permet de penser que la fin de ce journal n’est pas un drâme en dehors de l’aspect symbolique de son histoire, car pour ce qu’il apportait comme médiocre pensée sa fin démontre son inutilité aujourd’hui !</p></blockquote>
<p><span style="color: #333399"><strong>Aubert olivier (Electron libre) dit :</strong></span><br />
24 February 2009 à 12:29 am</p>
<blockquote><p>Je retrouve dans ce billet d’humeur l’essentiel de ce qui m’encourage à revoir une bonne vingtaine d’années d’implication :</p>
<p>- comme journaliste<br />
– comme militant associatif<br />
– comme militant politique</p>
<p>Un profond décalage entre les discours et les actes.</p>
<p>Alors que des nouveaux partis de gauche se créent, les discours ne décollent pas, c’est à dire restent cantonnés à des concepts idéologiques sans jamais réfléchir sur les applications concrêtes.</p>
<p>Résultat se crée et se re-crée les mêmes mécanismes qui conduiront à leurs échecs : les logiques de pouvoir, d’ego, la bureaucratie, le clientélisme, le copinage, la croyance que “la fin justifie les moyens” etc…</p>
<p>J’ai pu constater ça aussi il y a quelques années à TC, des grands chefs longtemps bien payés, autoritaires, autocrates, sûrs d’eux-mêmes arrivent pour redresser le bateau et un jour s’en vont sans que rien n’aie changé, la plupart du temps en l’ayant encore enfoncé à coup de “rodomontades”, de prétention, de complaisance, de suffisance, de distance crée</p>
<p>C’est ajouter les pratiques infamantes justifiées par cette croyance que “la fin justifie les moyens”…</p>
<p>TC va disparaître, pour avoir notre sympathie et notre soutien, il lui aurait fallu que le journal soit irréprochable sinon sur l’idéologie, au moins sur les pratiques</p>
<p>Ni fleur ni couronne, l’information, la pensée, la réflexion et l’action sont depuis longtemps ailleurs…</p>
<p>O</p></blockquote>
<p><span style="color: #333399"><strong>Luc Chatel dit :</strong></span><br />
27 March 2009 à 10:15 am</p>
<blockquote><p>Cher Olivier,</p>
<p>drôle de façon de reprendre contact avec moi…<br />
Nous nous sommes croisés à TC il y a dix ans. Et j’étais alors journaliste. Depuis que je suis rédacteur en chef, tu n’as pas eu à traiter avec moi. Comment peux-tu tenir des propos aussi scandaleux à mon égard et à l’égard de TC alors que nous n’avons jamais travaillé ensemble. D’autant que tu ne connais pas le cas précis de Pierre Emmanuel Weck, qui s’est fait tout simplement avoir par une association qui s’est approprié ses photos sans son autorisation. Si nous avions eu à traiter directement avec lui, nous l’aurions fait, et avec respect. Au lieu de diffuser ces mensonges sur Internet, contactez donc tous les pigistes et photographes qui travaillent avec moi depuis un an. Pas un seul ne confirmera vos propos insultants et faux.<br />
Mais il est tellement confortable de se prendre pour des chevaliers blancs luttant seuls contre un monde pourri…<br />
Enfin, je suis désolé de vous décevoir, mais TC ne mourra pas.<br />
Contrairement à vous, ses lecteurs le soutiennent et lui ont apporté de quoi survivre. Sans doute parce qu’ils apprécient, entre autres, les excellents reportages photo que nous avons publié depuis un an. Quant aux pigistes, ils ont été les premiers à réagir, notamment en créant une page facebook et en nous apportant leur soutien total.<br />
Bon Courage pour votre Croisade ! tenez nous au courant de vos prochaines cibles, et surtout, continuez à vous en prendre à la presse indépendante et engagée, vous faites le régal de Bolloré, Lagardère et Sarkozy. Vous devriez même leur demander un petit pécule pour ce travail de sape…</p></blockquote>
<p><span style="color: #333399"><strong>Aubert olivier (Electron libre) dit :</strong></span><br />
18 April 2009 à 8:54 am</p>
<blockquote><p>Bonjour,</p>
<p>Je marque un commentaire sur un blog et voilà que je me retrouve à avoir une lettre personnalisée en retour. Voilà bien un mélange des genres typiques de l’époque… un mélange des genres symptomatique de l’État d’exception incroyable de la sphère médiatique fut elle minoritaire : identification à son journal, usage de superlatifs, mise en cause personnelle, amalgames, autojustification, martyrologie pour finir par le dénigrement, l’insulte ou quasi.</p>
<p>Pour rappel un directeur de publication est responsable de ce qu’il publie. L’usage de photographies de Pierre Emmanuel Weck sans son autorisation préalable s’appelle de la contrefaçon et peut importe quel journal en est l’auteur, dans le cas présent évidemment grosse déception quand il s’agit en effet d’un journal qui est indépendant. Deuxième problème, une fois l’auteur des photos en question connu, le fait qu’il ne soit pas rémunéré est un vol pur et simple.</p>
<p>Donc, désoler, cher monsieur, le rédacteur en chef puisque c’est vous qui veillez au journal commencez par régler ces problèmes que vous ne pouvez ignorer avant de donner des leçons.</p>
<p>Une petite relecture du Code de la Propriété intellectuelle et littéraire avant de reprendre contact avec moi…</p>
<p>La fin ne justifie pas les moyens…</p>
<p>O.A</p></blockquote>
<p><span style="color: #333399"><strong>JBMalet dit :</strong></span><br />
21 July 2009 à 8:50 am</p>
<blockquote><p>On peut en effet déplorer la disparition de ce grand titre issu de la Résistance, mais cette histoire de photos non payées me révolte tout autant.<br />
Pourquoi vouloir sauver un titre si on ne paie pas les journalistes ?<br />
Lecteur occasionnel de TC et journaliste, je pense qu’il n’y a pas de larmes à verser aujourd’hui, car nous connaissons tous le contexte de la presse actuelle et sa logique économique. Les grands fossoyeurs du titre se trouvent plutôt du côté de l’Eglise (dans son ensemble) qui a toujours étouffée les initiatives progressistes. Hasard du calendrier, cette nouvelle crise du titre suit de peu la mort de Jean Cardonnel.<br />
Peut-être TC pait-il également son positionnement pro-Ségolène Royal beaucoup trop marqué durant les présidentielles ? C’est une grande perte pour le paysage éditorial, mais cela n’était-il pas prévisible à regarder de plus près la ligne du journal ? JBMalet</p></blockquote>
<p><span style="color: #333399"><strong>Luc Chatel dit :</strong></span><br />
13 December 2009 à 12:04 pm</p>
<blockquote><p>Des mois que je n’étais pas venu sur ce Blog, et voici que je découvre à nouveau des contre-vérités. Je me vois donc obligé de répondre à JB Malet :<br />
TC paie tous ses journalistes, sans exception. Il suffit de leur demander, au lieu de colporter de tels mensonges. Et en effet, cela nous coûte cher. Mais nous l’assumons, et nous publions des sujets que les pigistes se voient en général refuser dans toutes les autres rédactions. Lisez plus souvent TC et vous réaliserez alors que pour cette seule raison, ce journal doit vivre. Mais vous semblez mettre tous les médias dans le même panier, ce qui me semble pour le moins léger.<br />
Il n’y a aucun fossoyeur à TC, ce journal est indépendant, penchez vous sérieusement sur notre actionnariat, là aussi, avant de dire n’importe quoi. Grâce à l’appel lancé en 2009, nous avons même près de 2000 personnes privées qui sont entrées au capital.<br />
Quant à Jean Cardonnel, il serait furieux de lire les messages colportés sur ce blog : il tenait à TC plus que tout. Nous sommes les seuls (avec Golias) à avoir pris sa défense quand il a été expulsé de son couvent. C’était un ami personnel très cher, nous étions très liés magré notre demi-siècle de différence, je suis allé à sa messe d’enterrement à Montpellier (y étiez-vous ?) et sa disparition me manque beaucoup. Nous avons publié de nombreux textes en sa mémoire. Témoignage chrétien était son journal de prédilection depuis des décennies et il aurait tout fait pour que ce journal vive.<br />
Quant à l’engagement pro-Ségolène Royal cela relève quasiment du délire : elle refuse systématiquement depuis des années de répondre à nos demandes d’entretien; pendant la campagne nous avions publié des propos de son conseiller sur l’Afrique (Bruno Rebelle) qui ont créé à l’époque un mini scandale et qui ont révélé son double langage; enfin nous avons publié des tribunes qui assimilaient sa position à celle des populismes les plus dangereux que le siècle dernier a connu (notamment un texte de Miguel Benasayag qui avait rendu furieux celui qui était à l’époque encore le plus proche ami de Ségolène Royal, Jean-Pierre Mignard).</p></blockquote>
<p><span style="color: #333399"><strong>Pierre-Emmanuel Weck dit :</strong></span><br />
13 December 2009 à 1:52 pm</p>
<blockquote><p>Bon, soyons clairs. Il ne s’agit pas ici de s’acharner sur Témoignages Chrétiens. Tout est parti du fait qu’un jour je retrouve mes photos dans ce journal avec lequel j’avais déjà collaboré, mais que cette fois-ci, parce que les photos ne venaient pas directement de moi (donc créditées en DR), le journal refusait de payer ce qu’il me devait.</p>
<p>Vous pouvez avoir une éthique à toute épreuve avec vos anciens amis, ce serait pas mal de continuer avec ceux qui pourraient le devenir. C’est parce que vous avez changé les règles (ne plus payer les images DR), comme de nombreux autres médias, que vous avez ouvert les vannes à ces reproches.</p>
<p>Pour ma part, effectivement, je ne lis pas Témoignages Chrétiens, car je n’en ai plus les moyens, vu que etc, etc. !</p></blockquote>
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		<title>Apprendre à ne plus voir</title>
		<link>http://www.weck.info/2008/06/20/apprendre-a-ne-plus-voir/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Jun 2008 08:55:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre-Emmanuel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Photojournalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[<p style="text-align: justify">La photographie est toujours ce jeu aux multiples paradoxes : vous croyez capturer le réel, la couche superficielle des choses et des Êtres, et en fait, c’est vous que vous révélez, vous projetez votre intériorité, votre vision, votre univers mental sur le reste du monde. Et c’est lorsque tout cela entre en résonance [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">La photographie est toujours ce jeu aux multiples paradoxes : vous croyez capturer le réel, la couche superficielle des choses et des Êtres, et en fait, c’est vous que vous révélez, vous projetez votre intériorité, votre vision, votre univers mental sur le reste du monde. <span id="more-362"></span>Et c’est lorsque tout cela entre en résonance avec le regard des autres que votre image devient quelque chose de profond.</p>
<p style="text-align: center"><img class="size-full wp-image-363 aligncenter" src="http://www.weck.info/files/2011/02/pubaffmetro12.jpg" alt="" width="450" height="300" /></p>
<p style="text-align: justify">La technologie a grandement simplifié l’utilisation de nombreux outils de production. Là où des heures d’apprentissage étaient nécessaires, quelques clics d’ordinateur le font pour vous. Cette évolution n’a pas pour autant été mise au service de la création, mais de la fétichisation de l’outil. Dès lors, la simple possession de l’outil fait l’artisan. La voiture fait le pilote de rallye ou le possesseur de belles filles, la belle montre fait le riche plein de pouvoirs et d’argent, le blouson fait le rapper, le stylo à plume plaqué or fait l’écrivain et l’appareil photo fait le photographe.</p>
<p style="text-align: justify">Mais qu’est-ce qu’un photographe ? Comment rendre compte de quelqu’un qui observe, qui décortique, dont l’œil analyse, qui cadre, qui écoute, qui éprouve de l’empathie… C’est à dire des relations humaines, des choses qui se vivent qui ne passent pas par la marchandise, le commerce ou le portefeuille boursier. Des choses qui paradoxalement donneront des images (une simple couche superficielle), mais qui auront été faites avec de la profondeur (des tripes, des émotions, du cœur …).</p>
<p style="text-align: justify">Habituellement, on nous vend l’appareil photo pour lui-même. Sous de beaux éclairages contrastés, ses formes sensuelles aux courbes féminines, sa puissance d’analyse de la lumière, il apporte la maîtrise du temps et la possession du monde.</p>
<p style="text-align: justify">Cette fois-ci le publicitaire a voulu aller plus loin. Il ne nous vend plus l’objet fétiche, mais une expérience fétichiste, une intériorité prémâchée, un cliché. L’univers choisi sera celui du sport publicitaire gangrené par l’argent, le dopage et la haine. Un univers toujours identique, archicodé où seules deux fins sont possibles (gagner ou perdre). Un univers qui encombre les ondes et les pages pour occulter la complexité de la vie. Les personnages seront des mannequins, individus artificiels maquillés et retouchés au-delà du possible pour masquer la diversité humaine. Tout cela pour atteindre le sommet du vide. Il n’y a plus rien à voir, à photographier et à comprendre, plus rien à vivre, à rencontrer et à partager. Il ne reste plus qu’à attendre la prochaine pub, comme on attend un shoot pour remonter, encore une dernière fois, avant l’effondrement final.</p>
<p style="text-align: justify">Reprise de l’article publié sur <a href="http://blogantipub.wordpress.com/">Blogantipub</a>.</p>
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		<title>Politis est-il un journal altermondialiste ?</title>
		<link>http://www.weck.info/2007/09/27/politis-est-il-un-journal-altermondialiste/</link>
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		<pubDate>Thu, 27 Sep 2007 09:00:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre-Emmanuel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Photojournalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Le discours : dans Politis on trouve pas mal d’informations dites “alternatives”, “altermondialistes”, “de gauche”… C’est une assez bonne compilation papier de ce que l’on peut trouver sur Internet quand on a du temps à passer devant son ordinateur, parce que sinon, on n’y apprend rien.</p> <p style="text-align: center"></p> <p>Le site de Politis où l’on [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le discours : dans Politis on trouve pas mal d’informations dites “alternatives”, “altermondialistes”, “de gauche”… C’est une assez bonne compilation papier de ce que l’on peut trouver sur Internet quand on a du temps à passer devant son ordinateur, parce que sinon, on n’y apprend rien.<span id="more-364"></span></strong></p>
<p style="text-align: center"><img class="alignnone size-full wp-image-365" src="http://www.weck.info/files/2011/02/politis2.png" alt="" width="400" height="307" /></p>
<p>Le site de Politis où l’on remarquera la bannière faite de José Bové, de lutte anti-OGM, de manifs de sans-papier… des images fournit par l’AFP</p>
<p><strong>Les actes : sur le plan de l’illustration, le gouffre !</strong></p>
<p>Ainsi en reprenant les 10 derniers numéros disponibles à la bibliothèque de mon quartier (les numéros : 902, 904, 905, 906, 908, 911, 912–913-914, 916, 917 et 918), couvrant la période du 18 mai au 27 septembre 2006, on obtient les quelques statistiques suivantes sur un total de 512 photographies :</p>
<p>* 326 avaient été achetées à l’AFP;<br />
* 55 étaient des publicités (publicités, couvertures de livres, affiches de spectacles…);<br />
* 54 étaient signées DR;<br />
* 45 étaient signées d’un nom de photographe ou d’agence autre que l’AFP;<br />
* 32 n’avaient aucune mention</p>
<p>Le tout forme ce ravissant petit camembert :</p>
<p style="text-align: center"><img class="size-full wp-image-366 aligncenter" src="http://www.weck.info/files/2011/02/sans-titre-_2.png" alt="" width="400" height="284" /></p>
<p>Sur les 10 numéros, ça donne ce graphisme-là :</p>
<p>On constate donc que ce journal finance principalement l’AFP, une entreprise d’État pratiquant le dumping tout en se donnant bonne conscience puisqu’elle diffuse tout ce que vous voudrez sur l’altermondialisme qui est un créneau commercial comme un autre.</p>
<p>On peut donc s’interroger sur l’utilité de continuer à couvrir ces sujets (mal-logés, sans-papier, antipub, vélorutionnaire, décroissants, grèves et combats syndicalistes, manifs…). D’une part la place pour ce genre de sujet photographique ne cesse de diminuer dans tous les journaux, mais en plus ces derniers ont des abonnements à l’AFP qui les alimentent en flux constant de sujets contestataires…</p>
<p>Tout est recyclé, le système se nourrit de sa contestation, chacun existe le temps d’une annonce médiatique et le regard se normalise par appauvrissement du nombre de photographes (et de rédacteurs) capables de vivre de leur métier.</p>
<p><strong>6 commentaires pour “Politis est-il un journal altermondialiste ?”</strong></p>
<blockquote><p><strong> 1. Nielda dit :</strong><br />
10 October 2006 à 4:55 pm</p>
<p>C’est vrai que le camembert est “ravissant”, mais il n’étaye absolument pas les commentaires qui suivent. La particularité de Politis, ce n’est pas la provenance des photos, mais les textes qui les accompagnent. En fait l’illustration a très peu d’importance dans ce journal. Le papier est de mauvaise qualité, la maquette est basique, etc. Mais on s’en fou. Ce qui compte ce sont les textes, la ligne éditoriale. Et là , il n’y a pas photo, Politis est à part de tout ce qui se fait dans le paysage médiatique français.</p></blockquote>
<blockquote><p><strong>2. pierre-emmanuel dit :</strong><br />
11 October 2006 à 3:32 pm</p>
<p>Effectivement, on se fout des photos, on se fout du travail des photographes (ce ne sont que de sous-journalistes, n’est-ce pas ?). Pourvu que la cause soit juste : toujours le décalage entre les paroles et les actes…<br />
Mais alors, pourquoi perdre de l’argent en payant ces images à l’AFP ?<br />
Pourquoi ne pas faire massivement entrer la publicité ? Pourquoi ne pas lier les abonnements avec des lecteurs DVD dézonés, des encyclopédies alternatives, des films underground ?<br />
Bref, faire du marketing, mais alternatif, remplacer un pouvoir par un autre, faire des révolutions de salons ?<br />
Politis ne sert pas à grand-chose sinon à conforter ceux qui ont déjà la science infuse, la minorité qui a toujours raison face au reste de l’humanité, mais qui n’oublie pas les bonnes leçons du capitalisme : payer le moins possible le travail des autres.</p></blockquote>
<blockquote><p><strong>3. Christophe Kantcheff dit :</strong><br />
29 October 2006 à 2:51 pm</p>
<p>Quelle étude scientifique ! Et le graphique (pas le graphisme), quelle rigueur, quelle démonstration !<br />
J’aimerais avoir votre temps disponible pour faire œuvre si utile. Peut-être, malgré tout, irais-je faire un tour, avant d’avancer accusations et anathèmes, du côté du journal incriminé. Avez-vous une quelconque idée de son économie ? Savez-vous comment il se fabrique, chaque semaine, dans quelles conditions matérielles, avec combien de salariés, avec quel budget ? Malheureusement nous sommes obligés de faire avec les moyens du bord. Les critiqueurs de votre espèce « le système se nourrit de sa contestation », ah oui ? Et vous avez trouvé ça tout seul ? s’imaginent que nous « finançons » l’AFP… Proposez-moi, au même tarif que l’AFP (davantage, nous ne pouvons pas, savez-vous que nous sommes actuellement en redressement judiciaire après déclaration de cessation des paiements ? Mais, de cela, c’est-à –dire, en particulier, de la sauvegarde des emplois, vous n’en avez cure…),proposez-moi, donc, aux mêmes conditions, une couverture photographique d’une très grande partie des sujets traités dans Politis, et nous en reparlerons.</p></blockquote>
<blockquote><p><strong>4. pierre-emmanuel dit :</strong><br />
29 October 2006 à 4:54 pm</p>
<p>Extraordinaire ! Pour un journal qui se dit altermondialiste, votre niveau de réflexion est “proposez moi moins cher et je vous prends” !</p>
<p>Il n’y a pas d’étude scientifique. J’ai pas besoin d’avoir une vision scientiste du monde pour le comprendre en partie. J’ai pas besoin d’écouter les chroniqueurs économiques pour comprendre que le libéralisme n’est sans doute pas le meilleur système économique.</p>
<p>J’avais déjà eu un échange de mail avec Denis Schiffer à qui je proposais des images et qui m’avait “on a pas assez d’argent pour payer correctement les photographes, on aurait honte d’utiliser leurs images”, ce qu’on pourrait traduire par “laissons l’AFP faire le sale boulot de précariser les photographes en faisant du dumping, ça nous permet d’avoir encore moins cher que moins cher les images”.</p>
<p>A l’Humanité, les piges sont très basses, mais on peut encore proposer des sujets.</p>
<p>Au fait, pour avoir des infos moins chères que Politis, j’ai trouvé Métro et 20 minutes. J’ai pas la qualité, mais, comme pour l’AFP, ce n’est pas ce qui compte.</p>
<p>Pour finir, je vous offrirais bien la collection complète des 200 premiers numéros (environ) de Politis (à partir du numéro zéro), ainsi que l’original de ma part dans la société lors de sa création si vous avez le temps de passer par La Rochelle. Tout ça est dans des cartons, bouffé par les rats…</p></blockquote>
<blockquote><p><strong>5. Christophe Kantcheff dit :</strong><br />
29 October 2006 à 5:58 pm</p>
<p>Comme vous le soulignez pertinemment, nous sommes dans un système libéral, tout journal altermondialiste que nous sommes. Et les contraintes qui pèsent sur nous ne sont pas plus supportables même si nous les contestons.<br />
Vous jugez en ne vous souciant guère des contingences matérielles. Je vous invite vraiment à passer quelques jours dans les locaux de Politis, surtout actuellement où toute l’équipe se donne à fond pour sauver le journal (savez-vous que l’offre de reprise déposée au tribunal de commerce est une offre du personnel ? Un personnel qui ne gagne pas des mille et des cents…). Vous accepterez peut-être alors d’élargir votre point de vue.</p>
<p>ps : Denis Schiffer, le directeur de la rédaction, s’appelle Denis Sieffert.</p></blockquote>
<blockquote><p><strong>6. Pierre-Emmanuel Weck dit :</strong><br />
29 October 2006 à 7:54 pm</p>
<p>Qui aime bien châtie bien…</p>
<p>Cet article a été écrit pour souligner le décalage entre le dire et le faire. Vous parlez de l’emploi, et, pour moi, photographe indépendant, la précarité c’est tous les jours.</p>
<p>Personnellement, mon engagement envers Politis est terminé depuis cette histoire d’image avec l’AFP. Je n’ai rien contre ce journal et je préfèrerais qu’il continue à vivre.</p>
<p>Puisque vous faites partie de la rédaction, sachez encore qu’il y a quelques mois un journaliste m’a demandé une photo en m’assurant qu’elle serait, bien entendu, payée. Je n’ai jamais été mis au courant de sa publication, je l’ai découvert en faisant des recherches à la bibliothèque du coin, car mes mails restaient sans réponse. Plusieurs relances envers le journal, toujours sans réponse, n’ont jamais permis de me faire payer. Alors, aujourd’hui, soit cet échange débloque la situation dans les 15 jours, soit, je lance une petite procédure pour être rémunéré à hauteur en fonction de mon travail. Parce que, outre le mépris envers un pigiste, même dans un monde libéral, il reste encore quelques règles qu’il serait bon qu’un journal même altermondialiste respects (surtout si elles ont été mise en place pour lutter, un peu, contre ce système libéral).</p>
<p>Sinon, désolé pour l’orthographe de Denis Shieffert, j’en prends bonne note.</p></blockquote>
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		<title>C’est pas avec Technikart que tu vas payer ton loyer !</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Mar 2007 10:45:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre-Emmanuel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Photojournalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[<p style="text-align: center"></p> <p>Bon, là , j’ai pas assuré, je me suis bien fait avoir…</p> <p>Technikart m’appelle pour récupérer une image de l’action du groupe Jeudi Noir, ces jeunes qui alerte l’opinion publique et les politiques sur le fait qu’on ne peut plus trouver de logement dans la Capitale quand on est étudiant ou jeune [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center"><img class="size-full wp-image-375 aligncenter" src="http://www.weck.info/files/2011/02/pew2255.jpg" alt="" width="407" height="272" /></p>
<p>Bon, là , j’ai pas assuré, je me suis bien fait avoir…<span id="more-374"></span></p>
<p>Technikart m’appelle pour récupérer une image de l’action du groupe Jeudi Noir, ces jeunes qui alerte l’opinion publique et les politiques sur le fait qu’on ne peut plus trouver de logement dans la Capitale quand on est étudiant ou jeune travailleur en raison de la spéculation des loyers…</p>
<p>Technikart aime bien ce genre d’action très médiatique, c’est visuel, c’est politique sans rien remettre fondamentalement en cause, ça donne le sentiment de s’intéresser à la société sans prendre le moindre risque de perdre des annonceurs et puis ça entretient de bonnes relations avec des jeunes actifs, inventifs, diplômés, bref, de potentiels lecteurs.</p>
<p>Seulement quand on est un journal libéral, le modèle économique est celui de l’exploitation. Alors, voici comment ce journal en papier glacé et bourré de pubs calcule ses piges :</p>
<p>120 euros la pleine page donc 1/8 de page = 15 euros.</p>
<p>Ils auraient pu ajouter : 1/16 de page = 7,5 et 1/32 de page = 3,75…</p>
<p>C’est moins que le journal militant de base sans pub qui paie généralement 20 euros tout en s’excusant parce qu’à Technikart, on cultive l’ironie méprisante envers les gogos de mon espèce qui ont eu le malheur de céder une image. La même photo à la même taille est payée plus de 100 euros à Alternatives Économiques, tout un programme !!</p>
<p>Pour toucher mes 15 euros, il m’a fallu tout de même 5 mails de relance ainsi qu’un passage sur le stand du journal pendant le Salon du livre, et, malgré les promesses, je n’ai jamais reçu d’exemplaire du journal.</p>
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		<title>Détournement d’image</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Oct 2006 10:42:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre-Emmanuel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Photojournalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Un grand classique du “journalisme” : un gros titre pour le poids des mots “14 blessés chaque jour” et une photo pour le choc “un CRS en sang”.</p> <p style="text-align: center"></p> <p>La légende de l’image dit “La plupart des agressions visant des policiers ont lieu dans des zones urbaines sensibles“.</p> <p>Sans prendre parti pour ou [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Un grand classique du “journalisme” : un gros titre pour le poids des mots “14 blessés chaque jour” et une photo pour le choc “un CRS en sang”.<span id="more-370"></span></strong></p>
<p style="text-align: center"><img class="size-full wp-image-371 aligncenter" src="http://www.weck.info/files/2011/02/fifig.jpg" alt="" width="400" height="626" /></p>
<p><em>La légende de l’image dit “La plupart des agressions visant des policiers ont lieu dans des zones urbaines sensibles“.</em></p>
<p>Sans prendre parti pour ou contre l’utilité des interventions des forces de l’ordre, la validité de l’étude qui annonce une hausse de 30% des agressions sur les deux dernières années parce que je n’en ai pas les moyens ni le temps, je voudrais tout de même apporter quelques précisions et interrogations.<br />
Quand j’ai vu cette image, je me suis souvenu du visage du CRS parce que j’étais là lorsqu’il a reçu un pavé dans la tête. La photo a été prise pendant les manifestations du CPE ou les après-manifs, en fin de journée quand les étudiants se rassemblaient pour aller à la Sorbonne qui venait d’être évacuée. Le pouvoir qui avait une peur irrationnelle de se voir rejouer mai 68 avait fait encercler l’université par les CRS. Les autres facs étaient ouvertes, mais pas la Sorbonne. Après quelques échauffourées, les CRS avaient dégagé la place de la Sorbonne pour que les manifestants n’aient plus accès au sol fait de plaques de marbre qu’ils descellaient et envoyaient sur les policiers. Jusqu’à présent les débats et les manifs des étudiants anti-CPE étaient de très bonne qualité. La crispation du pouvoir, une fois de plus à côté de la plaque avec le monde universitaire, a fait que casseurs purent se joindre aux manifs. Mais des casseurs bien blancs, bien habillés… “Loin des zones urbaines sensibles…”</p>
<p>Après avoir pris la même photo, j’ai quitté la manif, écœuré. Je craignais que les médias en profitent pour décrédibiliser le mouvement, mais étrangement, cette image ne sortit jamais dans la presse.<br />
D’autres images de violence furent publiées, mais de “casseur des banlieues” bien plus utiles politiquement et plus en phase avec les stéréotypes médiatiques.</p>
<p>Il y a aussi le chapô sur la page qui dit “Les interventions des forces de l’ordre sont souvent vécues comme des provocations “. Que des “jeunes des banlieues” prennent la venue des forces de l’ordre comme une provocation, c’est scandaleux, car cette masse de personnes uniforme, sans distinction, qui fait peur se doit de rester à sa place et d’obéir. Le “bas peuple” ne peut vivre dans son coin, il doit en plus intégrer les valeurs des dominants et non pas faire semblant.</p>
<p>Pour les étudiants du Quartier Latin, c’est très différent : ils appartiennent à l’élite. La transgression deviendra la règle lorsqu’ils seront aux affaires (en politique, en entreprise…). Tant qu’ils sont jeunes, tout cela relève du folklore.</p>
<p style="text-align: center"><img class="size-full wp-image-372 aligncenter" src="http://www.weck.info/files/2011/02/crssang.jpg" alt="" width="400" height="281" /></p>
<p style="text-align: right">Brève reprise aussi sur <a href="http://www.acrimed.org/article2468.html">ACRIMED</a></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Nous sommes tous de grands photographes ?</title>
		<link>http://www.weck.info/2005/09/20/nous-sommes-tous-de-grands-photographes/</link>
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		<pubDate>Tue, 20 Sep 2005 10:51:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre-Emmanuel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Photojournalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Un article du journal Le Monde sur le phénomène des téléphones portables-appareils photo et des images circulant par SMS tenterait d’annoncer une révolution médiatique… On touche le fond !</p> <p style="text-align: center"></p> <p>L’auteur parle d’une publicité avec une actrice dans un avion qui se fait photographier par un passager qui envoie ensuite la photo à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un article du journal Le Monde sur le phénomène des téléphones portables-appareils photo et des images circulant par SMS tenterait d’annoncer une révolution médiatique… On touche le fond !</p>
<p style="text-align: center"><img class="size-full wp-image-378 aligncenter" src="http://www.weck.info/files/2011/02/gloire111.jpg" alt="" width="400" height="280" /></p>
<p>L’auteur parle d’une publicité avec une actrice dans un avion qui se fait photographier par un passager qui envoie ensuite la photo à ses copains. Outre que cette actrice aura du mal à faire valoir le droit sa la vie privée par la suite en participant à ce genre de pub pour un opérateur, qu’elle alimente de voyeurisme et l’agression visuelle, l’auteur annonce un bouleversement de la photo avec tous ces amateurs armés de téléphone.</p>
<p>Une fois de plus le journaliste participe au phénomène publicitaire. On était habitué, de sa part, à des analyses plus fines sur la photo. La pub procède toujours de la même manière en faisant croire à chacun qu’il est totalement unique, plus malin que les autres (égocentrisme et individualisme) que le monde est à prendre, et la vie intime des autres aussi… et que de l’argent facile est là , au bout de la technologie. Le journaliste flatte ces croyances, sans recul, dommage.</p>
<p>De la traque de personnalités on passe au tsunami (ce doit être le même genre de catastrophe dans son esprit ?) et de venter tous ces clichés qui nous sont parvenus par Internet. Il donne l’adresse d’un site que je suis allé visiter et sur lequel, finalement, il n’y a pas grand-chose, rien en tout cas qui aiderait à comprendre, à saisir l’ampleur de ce qui s’est passé là-bas.<br />
Alors pour donner plus de crédit à sa thèse, il va citer le film d’un amateur de l’assassinat du président Kennedy, les photos réalisées par un membre du Zonderkommando d’Auschwitz, les photos de torture des appelés d’Algérie, les images du World Trace Center… Bref, il va mélanger allègrement spectacle, information, document historique, image artistique sous le simple prétexte que toutes ces icônes ont été réalisées par un appareil photo. Ainsi tout ce vaut, tout le monde est génial, y-a qu’à acheter le dernier produit à la mode !</p>
<p>Il se fait ensuite l’écho de crainte de “professionnels de l’image” (sans doute pas les photographes eux-mêmes) “de voir des pans entiers de l’actualité, dramatique ou heureuse, leur échapper.”<br />
Actualité ? La vie des grands de ce monde ? Des comédiennes ? Des starlettes ? Les catastrophes sans origines qui tombent juste comme ça sur les gens sans raison ? C’est pas plutôt du spectacle ?</p>
<p>Là où il voit à moitié juste, c’est dans le fait que les sociétés occidentales “sont attentives au point de vue de l’amateur”, il ajoute “sur le monde”. Attentive aux amateurs ou aux consommateurs ? Quant à la vision du monde, je n’y crois pas un instant, le monde n’intéresse que comme décors de nos vies occidentales pas comme moyen de questionnement. La preuve de son erreur vient dans la suite de l’article quand il affirme que les images d’amateurs du tsunami “ont joué un rôle central dans le phénoménal mouvement de charité”. C’est plutôt la forte présence des Occidentaux en vacances sur les lieux du drame qui a obligé les médias à s’intéresser à cette catastrophe, le fait qu’elle soit naturelle aussi. On avait droit ainsi à un phénomène émotionnel sans conséquence pour le système, le débat tournera ensuite sur trop ou pas assez d’images, mais surtout pas sur le tourisme de masse et sa pollution culturelle ou l’appauvrissement des habitants abandonnant cultures et élevages pour se mettre au service des touristes.</p>
<p>Tout cela mènerait, comme en musique avec le P2P, à la “perte d’influence de l’auteur”. Le P2P ne remet pas en question la création musicale, mais sa diffusion et l’équilibre économique des producteurs. L’auteur a toujours quelque chose à dire, à montrer. Le mouvement de la gratuité est double : il démontre que l’attirance vers l’art est très forte et qu’il na pas sa place dans une sphère marchande comme aujourd’hui entourée de professions parasites qui le dénature. Ponctuellement pour le producteur ou le diffuseur la gratuité est un danger, mais, dans la photographie par exemple, la gratuité est déjà intégrée commercialement : c’est l’auteur qui travaille gratuitement ! Oui, c’est un honneur d’être publié ici ou là , c’est pour nous rendre service !</p>
<p>Que les amateurs fassent des photos, c’est très bien, ils n’en font d’ailleurs pas encore assez pour acquérir un regard qui aille au-delà des apparences.<br />
Plus le niveau général montera mieux ce sera pour tout le monde, mais l’entretien de la croyance du tout ce vaut, tout est possible tout de suite n’aide pas à le faire monter.</p>
<p>On tente de nous faire croire que 15 jours sous les caméras transforment un crétin en chanteur génial, qu’un appareil photo numérique permet de devenir riche simplement, que publier sa vie sur son blog ouvrira les portes du Goncourt…<br />
À chaque fois, il s’agit d’attendre un but précis (célébrité, argent, prix littéraire…), pas de vivre mieux, pas d’aider le monde, pas de le comprendre, pas de le transformer.</p>
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		<title>Inauguration du Mur des Noms</title>
		<link>http://www.weck.info/2005/01/23/inauguration-du-mur-des-noms/</link>
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		<pubDate>Sun, 23 Jan 2005 08:47:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre-Emmanuel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Photojournalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Textes]]></category>
		<category><![CDATA[Shoah]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Inauguration du Mur des Noms au Mémorial de la Shoah à Paris, le dimanche 23 janvier 2005 : Sur ce mur de pierre ont été gravés les noms des 76 000 hommes, femmes et enfants juifs déportés depuis la France entre 1942 et 1944 dans le cadre de la “solution finale”.</p> <p>— Avant la cérémonie, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Inauguration du Mur des Noms au Mémorial de la Shoah à Paris, le dimanche 23 janvier 2005 : Sur ce mur de pierre ont été gravés les noms des 76 000 hommes, femmes et enfants juifs déportés depuis la France entre 1942 et 1944 dans le cadre de la “solution finale”.<span id="more-358"></span></strong></p>
<p>— Avant la cérémonie, une dame, comme une petite fille, montrant sous son manteau une photo de jeune fille avec un cœur rose collé dessus “J’ai mis la photo de ma mère sur mon cœur”</p>
<p>— Simone Veil “C’est donc seul que j’ai longé ce mur, et que, dans le silence, j’ai cherché, un à un, les noms de mon père, mon frère, puis, aux côtés du mien, les noms de ma sœur, et surtout celui de ma mère, l’être qui a pour moi été le plus cher au monde”. Une dame avec son téléphone portable “Jean-Michel, j’ai retrouvé le nom de ton père, tu dois absolument amener tes enfants… non pas aujourd’hui…”</p>
<p>— Un cameraman “Vous l’avez trouvé v’t’ nom ? C’est important pour vous aujourd’hui ?”</p>
<p>— Une vieille dame qui parle toute seule “il est là ? Non… Où est-il ? Là ?… ”</p>
<p>— Une journaliste de télévision “laissez-moi passer ! Je dois absolument faire mon reportage pour le 13 heures !”</p>
<p>— Un homme avec son téléphone portable “Oui, je suis devant… Oui…”</p>
<p>— La caméra suit cette dame depuis bien 5 minutes, il a son sujet, de l’émotion, la dame cherche, hésite, cherche encore, ses yeux sont humides, le cameraman se fatigue et la laisse tomber pour une autre plus dégourdie.</p>
<p>— Échange de SMS moi : c’est quoi le nom de ta famille ?<br />
lui : Itzkovitch moi : Mina, Moïse, Esther lui : Moïse lui : Merci</p>
<p>— Le même cameraman que tout à l’heure “Bon moi, j’ai mes trois images, je m’casse”</p>
<p>Avec l’ouverture du Mémorial de la Shoah, le 27 janvier 2005, Paris dispose du plus grand centre européen d’information et de recherche consacré à l’histoire de la Shoah.<br />
Vaste espace destiné à accueillir tous les publics, le Mémorial offre aux visiteurs des expositions permanentes et temporaires, un fonds d’archives exceptionnelles et de multiples activités et actions de sensibilisation sur l’histoire de la Shoah.<br />
À la fois musée, lieu de mémoire et centre de documentation, le Mémorial conjugue ses différentes missions à travers ses activités : se souvenir, témoigner, transmettre, sensibiliser.</p>
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		<title>À Nous Paris, hebdo gratuit, « enquête » sur un service payant</title>
		<link>http://www.weck.info/2004/05/13/a-nous-paris-hebdo-gratuit-%c2%ab-enquete-%c2%bb-sur-un-service-payant/</link>
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		<pubDate>Thu, 13 May 2004 08:52:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre-Emmanuel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Photojournalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Pour aider au lancement des MMS des téléphones portables, À Nous Paris (semaine du 19 au 25 avril 2004) offre à ses lecteurs une pseudo enquête et un vrai publireportage. Clichés journalistiques, amalgames grossiers, sexe : toutes les ficelles de la désinformation, du spectacle et de la publicité condensées dans un seul article.</p> <p>Le journal [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pour aider au lancement des MMS des téléphones portables, À Nous Paris (semaine du 19 au 25 avril 2004) offre à ses lecteurs une pseudo enquête et un vrai publireportage. <span id="more-360"></span>Clichés journalistiques, amalgames grossiers, sexe : toutes les ficelles de la désinformation, du spectacle et de la publicité condensées dans un seul article.</strong></p>
<p>Le journal nous annonce un vrai nouveau débat de société qui fera date : pour ou contre les MMS ? On passera sur l’importance réelle du sujet pour s’intéresser à la manière journalistique du lancement de ce nouveau service.</p>
<p>À l’évidence, on ne peut penser que de manière binaire : la complexité ne fait pas partie du monde du marketing. Il faut donc créer rapidement des camps qui s’affrontent ou faire croire qu’ils s’affrontent, car c’est alors la preuve de l’intérêt du sujet, auquel la polémique, artificielle ou pas, donne de la visibilité. Ce qui compte, c’est le bruit qu’il génère.</p>
<p>L’article détaille rapidement le fonctionnement de ce service. Il s’agit de SMS améliorés, puisque, avec du texte, on peut ajouter une photographie que l’on aura réalisée avec le téléphone. Pour le moment l’utilisation de ce service est croissante, même si on ne sait pas vraiment à quoi ça peut bien servir. Il est à noter également qu’il est facturé le double des SMS ; mais ça, ce n’est pas dit dans l’article. On vit, dans le monde du marketing, dans un univers sans frein, sans limites : l’argent ne doit donc pas être là comme une contrainte, mais comme une libération permettant d’atteindre de nouveaux horizons qui apportent forcément le bonheur.</p>
<p>Le journaliste annonce enfin son « scoop » : les photos faites avec un téléphone portable seraient souvent des images de voyeurs ! Et là, tout le monde est concerné : voyeur ou photographié, on est tous un peu des deux…</p>
<p>« Attention, ce nouveau gadget, apparemment ludique, peut s’avérer être une arme redoutable pour mateurs en herbe (…). Le risque de voyeurisme existe (…). Il y a pourtant un souci et il est de taille : comment savoir si la personne qui est assise en face de vous au café en train d’écrire un SMS ou en train de prendre une photo ? »</p>
<p>On enchaîne avec l’ouverture de la boite à fantasmes : internet ! Car si on vous prend en photo à votre insu, que ça parte par le téléphone, ça finit évidemment sur le Net. Le Net ! Vous vous rendez compte ! Le Net c’est les sites pornographiques pour ne pas dire pédophiles, les terroristes, les hackers, les trafics de numéros de cartes bleues… Un monde mystérieux, opaque où l’on ne contrôle plus rien : « Mais qui vous dit que vos fesses ne sont pas déjà sur le Net ?” « Car le trafic internet est plutôt inquiétant, et pas toujours bon enfant. Tel ce site spécialisé, Mobile Asses [au passage la journaliste donne l’adresse…pour les voyeurs !], qui invite à envoyer des photos de fessiers prises à la volée… » « C’est le cas en Allemagne et en Grande-Bretagne, où l’on redoute les pédophiles encore plus qu’ailleurs ».</p>
<p>On fait parler deux ou trois représentants de l’industrie du téléphone portable pour faire crédible. Effectivement, ils sont préoccupés : « En Australie, certaines piscines ont préféré en interdire l’usage, de façon préventive… » ; en Italie dans les clubs de gym… Bref, il y a vraiment quelque chose de louche. Toutes les perversions vont pouvoir y trouver leur compte.</p>
<p>Parvenu à ce point, le journaliste doit se rendre compte que s’il a réussi à éveiller la libido du lecteur, en continuant, il risque de faire fuir le futur client. Celui-ci ne voulant pas passer pour un pervers avec un tel téléphone à la main. Il faut donc trouver rapidement une liste d’utilisations conformes. Par exemple prendre en photo sa voiture accidentée pour le constat (on a des accidents tous les jours et en plus ça n’a aucune valeur juridique) ou encore pouvoir photographier un voleur et permettre son arrestation (ça reste dans la logique de la toute-puissance, pouvoir faire la justice soi-même plus rapidement que la police, comme Spiderman !).</p>
<p>Pour finir de nous rassurer, finalement, on constate que les utilisateurs actuels envoient des photos pour fêter un anniversaire, le portrait de son amoureux ou son chat (un clin d’œil à la pub du moment) : « Tout cela est à relativiser tout de même, puisque la plupart des MMS envoyés en France sont pour l’instant plutôt bienveillants : fêtes, anniversaires, portraits de son amoureux, de son chat, etc. » Ou encore (attention ! télescopage avec l’actualité irakienne) : « (…) c’est grâce à eux que les soldats américains ont pu recevoir des photos de leur famille. »</p>
<p>Tout ça, ce sont des utilisations personnelles qui n’apportent rien au marché. La liste continue donc avec la possibilité de recevoir des offres promotionnelles, des infos sur le cinéma, le sport (l’information est depuis longtemps un divertissement) et, pour ne pas perdre la mise en éveil sexuel, des services coquins (avec un point d’exclamation) : « (…) moyennant 3 à 8 euros en moyenne par mots, vous recevez directement sur votre portable des news illustrés sur le sport, les sorties de cinéma, l’actualité, voire des MMS coquins ! Aucun opérateur n’a voulu communiquer le chiffre des abonnements à ce genre de forfaits roses ; on estime qu’il serait de l’ordre de quelques milliers… » (On n’en sait rien, mais on estime que…).</p>
<p>Le lecteur libidineux et voyeur (un peu chacun de nous) qui se trouvait mis sur la touche trouve alors une chance de se racheter. Il n’a qu’à souscrire à des services pornographiques. Sa sexualité restera ainsi sous contrôle, normée par une industrie et la morale sera sauve puisque financière.</p>
<p>Tous les ingrédients des clichés journalistiques sont alors présents dans cet article : nouveauté, technologie, mode, part d’ombre, argent, sexe…</p>
<p>Depuis l’explosion de la bulle internet, les médias sont en quête d’une nouveauté à promouvoir, d’une nouvelle croisade pour évangéliser. Ce fut le téléphone portable (quand dépasserait-il le nombre de lignes fixes ?), l’UMTS (la France était dans les dernières à mettre en vente ses fréquences et pour combien ?), Internet (on était en retard, une fois de plus, pour se connecter au village global), l’ADSL (il faut passer à la vitesse supérieure), les SMS (le record de l’année dernière au nouvel-an sera-t-il battu ?) et maintenant les MMS…</p>
<blockquote><p>À Nous Paris est un hebdomadaire gratuit distribué dans l’enceinte de la RATP « le News urbain diffusé dans le métro ». Quelques chiffres :<br />
– 400 000 exemplaires mis en place tous les lundis dans 1000 points de diffusion métro/RER.<br />
– Audience : 1 185 000 lecteurs réguliers.<br />
– Pénétration : 27 % de pénétration sur Paris ; 60% des lecteurs le lisent toutes les semaines ; temps de lecture moyen de 20 minutes.</p></blockquote>
<p style="text-align: right">Article publié sur <a href="http://www.acrimed.org/article1598.html">ACRIMED</a></p>
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