Vacances…

Les vacances. Moment entre-deux. Rup­ture du rythme absurde du reste de la l’année. Depuis quelques années les vacances doivent être aussi réus­sies qu’une car­rière de ban­quier. On suit le par­cours du guide et on prend des pho­tos à chaque arrêt.

Mais pour­quoi les autres semblent-ils s’amuser tou­jours mieux que nous ? Il sont beaux, plus bron­zer, ont plus d’amis sont-ils idiots ? Sommes-nous défi­ni­ti­ve­ment des per­dants de la vie ? Les vacances le temps de tous les pos­sibles qui révèle tous les impossibles.

Les vacances sont trop longues et trop courtes. On a le temps de rien et on ne cesse pour­tant de s’ennuyer. Quel récit fera-t-on à notre retour ? Pour les copains, les col­lèges, pour nous-mêmes ?

Et puis, même à plu­sieurs on s’ennuie. Il n’y a pas de gar­çon cette année. Il n’y a pas de fille cette année. L’année der­nière, ils étaient là, mais on était trop jeune, pas tout à fait la bonne semaine, dans le bon groupe, trop timide… Et l’année pro­chaine ? L’année pro­chaine est à l’éternité. L’année pro­chaine n’existe pas. Alors on dit que cette année c’est raté et qu’est-ce qu’il en restera ?

Les parents bossent et l’on doit les attendre. Seul. Chez une grand-mère, un oncle, la voi­sine, en colo… De toute manière on n’échappe pas au monde des adultes et à leur vision des vacances.

On n’a pas d’argent de poche. On ne pourra pas se prendre une gaufre… et on regar­dera les autres man­ger leur glace.

Et un jour on est vieux… Qu’est-ce qui a bien pu se pas­ser pen­dant tout ce temps ? Com­ment a-t-il pu pas­ser si vite ? On se sou­vient des moments d’ennui et on se met à les aimer parce que de toute manière il ne reste plus que ça. Du temps dila­pidé, parti en fumé, gâché par soi-même et par la société tou­jours cou­pable de sus­ci­ter des rêves qui ne sont pas les nôtres.

About Pierre-Emmanuel Weck

Photographe