Décroissance joyeuse

Dernier épisode du cycle de conférences des rendez-vous de l’Anthropocène sur le thème de « la décrois­sance joyeuse. Expéri­ences passées et ini­tia­tives de sobriété et décrois­sance par en bas, pop­u­laire et joyeuse, aux antipodes d’une éco-technocratie » à l’EHESS, le mer­credi 15 mai 2013.

Lecture de poèmes par Clara Breteau

Paul Ariès n’avait pu rester à Paris, ce qui n’est parfois pas plus mal pour mieux découvrir d’autres intervenants. Si Ariès est parfait pour passer dans les médias avec sa parole claire, faite de formules-chocs et totalisante avec d’autres invités, il peut avoir tendance à monopoliser le micro…

Présentation de Christophe Bonneuil

La présentation de son travail sur les villes en transitions par Luc Semal était très intéressante. L’étude de transformations sociétales (de la prise de conscience d’un problème par un petit nombre de personnes à son intégration dans la vie courante de chacun, en passant par les conditions de son apparition, les stratégies pour sa prise en compte et les outils de son développement, ses contradictions et les nouveaux conflits que cela génère, etc.) est toujours passionnante. Mais il flottait dans la salle ce petit parfum typique des milieux intellectuels français (des écolos aux libéraux) qui considère que l’herbe est toujours plus verte ailleurs. Les expérimentations étrangères ont ça de fascinant qu’elles semblent exister pour et par elles-mêmes, qu’elles sortent de terre spontanément parce que la culture locale le permet… Et de rêver qu’un jour en France tout cela soit aussi possible.

Luc Semal, auteur d’une thèse sur le mouvement des villes en transition.

Michel Lepesant, présenté comme un « praticien d’une monnaie locale dans la Drôme », va un peu bousculer la salle en rappelant l’évidence que les théories n’ont d’intérêt que si elles s’ancrent et se confrontent à des pratiques (et inversement). Autrement dit, on ne théorise pas « hors sol ». Il parle de la faillite des critiques du système qui ne sont plus qu’un courant éditorial rentable intégré à toutes les grandes maisons d’édition…

Finalement il préfère livré une attitude, une philosophie d’action (théorique et pratique) que des réponses clés en main (faire une AMAP, faire une monnaie locale, faire un réseau d’échanges et savoirs…), on pourrait même dire une éthique dont chacun s’emparerait et la ferait vivre à sa façon, de manière foisonnante et buissonnante.

Michel Lepesant, auteur de « Le défi de l’antiproductivisme », membre du MOC

Comme c’était la dernière rencontre du cycle, il a ensuite été proposé d’aller pique-niquer dans un square.

Débats animés par Aurélie Trouvé d’Attac

Le quartier n’était pas très propice à ce genre de chose et l’on s’est retrouvé dans un cercle pavé entouré de plantes vertes en bac en béton sur un boulevard bruyant (aux pieds tout de même de la statut de Dreyfus). Une personne avait été préposée au cubi de vin rouge, quelques bouteilles sont sorties des sacs. Quasiment personne n’avait apporté à manger en dehors d’une amie artiste dont la sensibilité à fleur de peau apporte une naïveté et une fraicheur qui bouscule parfois les vieux habitués des conférences qui emplissent leur agenda qui eux « savent » quand elle « ressent ». Il faut dire qu’on sortait de l’EHESS et que si la réflexion intellectuelle était d’un excellent niveau, celui de leurs mises en pratique doit encore faire de grands progrès. Tout cela donne le sentiment d’avoir de nombreux croyants mais pas de pratiquant…

About Pierre-Emmanuel Weck

Photographe

One Comment

  1. TT

    Joyeuse peut-être, mais sûrement difficile, tant les inerties sont lourdes : http://www.mouvements.info/La-decroissance-soutenable-face-a.html

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