Nuits parisiennes #1

Sitôt je monte dans un taxi, sitôt je sors mon appareil photo et le voyage peut commencé, ici ou ailleurs, on est dans un autre monde…

Je regrette de ne pas l’avoir fait à New York, Varsovie, Berlin… Il faudrait presque que je retourne dans ces villes pour refaire les mêmes trajets.

À New York, je ne suis monté qu’une fois dans un cab”. La ville me désorientait, je me sentais sur le fil, dans les décors d’un film avec même mon coloc qui dealait dans l’appartement et les rastas qui m’apostrophaient aux coins des rues de mon bloc avec des “smoke, smoke, smoke…” saccadés qui me procuraient à la fois une petite frayeur et une envie de rire tant l’effet mécanique était ridicule.

À Varsovie, il y avait, dans la camionnette, un autre photographe assez taciturne dont le regard lourd m’avait empêché de me sentir libre de faire des images.

À Berlin, j’étais trop jeune.

À Moscou, Saint-Pétersbourg…

À Moscou, le chauffeur avait remonté toute la file d’embouteillage vers l’aéroport sur la voie d’arrêt d’urgence en terre ce qui avait provoqué un énorme nuage derrière nous.

À Saint-Pétersbourg, partant du centre de la ville, toujours pour un aéroport, nous revivions l’histoire politique et urbanistique de la ville, du XVIII ° siècle, au Stalinisme puis au Brejnevisme et enfin des centres commerciaux et des échangeurs autoroutiers enjambant des terrains vagues ainsi que des chantiers inachevés, comme la métaphore d’une lente décomposition…

About Pierre-Emmanuel Weck

Photographe

One Comment

  1. christine

    c’est ce qui s’appelle « être ailleurs »…

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