Manifestation « Contre les violences faites aux femmes »

Très faible rassemblement de différents groupes féministes lors de la manifestation « Contre les violences faites aux femmes ».

Chaque groupe militant s’était donné rendez-vous sur des trottoirs différents de la place de la Bastille pour ne pas avoir à se mélanger.

Chacun est venu avec sa vision de la femme. Vision sociale avec le slogan “à travail égal, salaire égal”, vision idéaliste avec “Le corps des femmes n’est pas une marchandise”, vision réformiste demandant à ce que les lois soient appliquées correctement, vision mondialiste demandant des droits pour des femmes vivants dans d’autres pays, vision pragmatique demandant le droit à la différence des genres… Chacune ayant découpé “la” cause selon sa sensibilité pour arriver à des prises de positions radicalement différentes !

Mais le clivage principal du cortège se faisait sur la prostitution : entre les “anti” et les “anti-anti”. En dehors des deux groupes bien marqués, les autres étaient un peu flottants ou alors ne voulaient pas être pris en otage puisque ce n’était pas tout à fait le sujet de la manif.

À la tête du cortège, la “star” du jour était Clémentine Autin. Les moqueries et agacements se faisaient entendre à l’arrière. Toujours l’ambiguïté du rapport aux médias. On les veut, mais pas comme ils sont. Pourtant, on devance leurs désirs en leur donnant ce qu’on croit qu’ils attendent et on leur en veut de nous faire jouer rôle-là. On voudrait autre chose sans savoir précisément quoi. On est dans “une autre information est possible” à l’image de la manifestation, “une autre vision des femmes est possible”, mais laquelle ? Puisque celles qui s’autoproclament les représentantes du sujet en s’arrogeant le monopole de la parole n’étant pas d’accord entre elles… Elles pourraient faire de leur diversité une force, mais elle transforme leurs différentes approchent dans une mise en scène caricaturale de batailles de chapelles…

Une fois de plus, certains semblent confondre les causes et les conséquences, la personne et son activité, l’idéal et la réalité… Comme si certains mariages n’étaient pas de la prostitution déguisée, comme si certains emplois ne relevaient pas d’une forme de maltraitance et comme si une simple interdiction allait résoudre les problèmes psychiques et autres fondamentaux de tout être humain.

L’affirmation “le corps des femmes n’est pas une marchandise” légitime au premier abord quand il sous-entend un rapport de domination et d’exploitation, laisse craindre bien d’autres idées plus réactionnaires. Par un étrange retournement il laisse entendre que changer de sexe en modifiant son corps, comme on le ferait d’un objet, serait se laisser transformer tout entier en objet. Ce serait parce qu’ils peuvent le transformer comme on modifie un objet. On enfermerait alors doublement ces personnes, d’une part dans le jugement généralement les concernant de la société, mais aussi par celles mêmes qui disent vouloir les défendre.

Un groupe part d’une vision idéologique pure de la société telle qu’elle devrait être, quand l’autre part de ce qu’est la société et des particularités de chacun de ses membres pour tenter de la transformer vers une autre vision de certaines de ses composantes.

About Pierre-Emmanuel Weck

Photographe

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