Indymedia

Je me suis retrouvé dans l’aventure d’Indymedia presque par hasard.

Après avoir répondu, sur une des listes d’ATTAC, à un appel pour participer à la création d’un nouveau média alternatif lors du rassemblement de Millau en 2000 (suite au démontage du Mac Do par José Bové et son équipe), j’avais eu pour toute réponse de me présenter dans le hangar qui devait servir de local à Indymedia.

Sur place je retrouvais une équipe hétéroclite de webmestres, de codeurs et de traducteurs mais pas de photographe. C’est ainsi que je fus intronisé photographe et co-fondateur d’Indymedia France.

Je ne pris pas tout de suite l’ampleur de ce qu’était Indymedia, la légende de Seattle m’est arrivée par la suite, mais j’avais quand même la sensation de participer à une chouette aventure à la fois intellectuelle et journalistique.

Samizdat, qui par la suite sera en désaccord avec Indymedia sur la question de l’Open Publishing, apportait sont soutien technique avec ses serveurs et une partie du matériel informatique.

L’équipe des traducteurs d’ATTAC traduisait dans tous les sens des textes jusqu’à l’épuisement pour suivre les dépêches des agences étrangères et les relayer sur tous les sites d’Indymedia à travers le monde.

De mon côté, je rabattais les vidéastes que je croisais en ville pour qu’ils viennent dérusher leurs films et les transmettre sur le site. Mes images restaient, elles, dans mon boitier, on était encore au temps de l’argentique !

Il y avait deux pôles principaux dans le groupe, un Marseillais et les Parisiens. Le Marseillais rêvait de prendre la tête de cette nouvelle agence en la structurant fortement afin d’en faire son gagne-pain, tandis que les Parisiens, ne croyant pas tellement au modèle économique, à priori, de cette agence, préféraient garder un fonctionnement ouvert.

Le Marseillais espérait qu’ATTAC, dont il faisait partie, suivrait son idée pour mettre l’agence au service de l’association mais, sans soutien de sa part, ce fut les Parisiens qui l’emportèrent.

Ainsi avec des bouts de ficelles et pas mal de bricolage, qu’Indymedia France naquit lors du rassemblement de Millau, échappa à la main mise d’ATTAC qui manifestait déjà des signes de comportement hégémonique et commença son cheminement chaotique et excitant dans l’univers du web et des médias alternatif.

About Pierre-Emmanuel Weck

Photographe

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