Green Pride & Greenwashing

Il y avait les manifs de droite, il y a désormais la Green Pride.

Déjà, le logo ne me plaisait pas, le genre qui ne véhicule que lui-même, sans message politique ou le début du commencement de la moindre analyse ou contestation de ce qu’il est censé poser problème et justifier la manif… ensuite, faire la queue bien sagement à 11h pour le brunch à près de 20 euros au Comptoir Général après le concert de 15 euros la veille au Divan du Monde…

Mais le bruit des fanfares est venu me rappeler qu’il y avait une suite l’après-midi… J’ai donc fait l’effort de m’y rendre.

Il y avait tous les ingrédients d’une manifestation festive (fanfares, pancartes, déguisements…) mais tout ça sentait le réchauffé d’une agence de com’ profitant de l’occasion pour se placer sur le marché déjà bien chargé des communicants qui aiment l’environnement parce qu’il faut sauver la planète…

Tout était lisse et aseptisé. Les slogans qui n’en étaient pas vraiment comme « Rien n’arrête un enfant qui marche » qui sera recyclé pour une marque de chaussure; « Mettons-nous au vert » pour une agence de voyages l’été prochain; « Ne filons pas un mauvais coton » pour des compresses démaquillantes; « Santé vous bien » pour des dragées contre l’aérophagie (effet de serre oblige…) ou « We are biotiful » pour une crème de nuit ou un après-rasage… Pathétique.

D’ailleurs le clip de présentation du site de l’association ne parle que de problèmes de santé contre lesquels il faut agir sans s’attaquer au système qui les génère. Non, le coup de génie de l’association car vraiment personne n’y avait pensé avant, est d’avoir eu l’idée de cette parade… Comme d’autres nous expliquent que désormais la liberté d’expression est de pouvoir ouvrir une pétition sur Facebook, que le summum de la démocratie est d’aller voter, et bientôt, que la modernité, sera de le faire par SMS surtaxé. On dit non à la pollution comme on dit non au chômage, non à la guerre et puis après on rentre chez soi.

Ainsi, se développe une écologie publicitaire sans aspérité, purement environnementale, dépouillée de toute velléité de contestation pour que l’Occidental repu puisse rester en bonne santé… Il y avait bien un ou deux représentants de Greenpeace ainsi qu’un timide drapeau de la FNE noyés au milieu des partenaires : un assureur en prise avec la dette grecque et un ancien patron qui a échappé de justesse à la prison pour faillite; un loueur de voitures électrique pilier de la Françafric; un fabriquant de sac pour aller surconsommer avec la « biotiful attitude »; un journal d’information gratuites et publicitaires ainsi que d’autres médias et sociétés surfant sur la vague du Greenwashing…

Le seul intérêt de cet après-midi n’aura été que d’aller écouter les 3 fanfares qui rythmaient le cortège…

About Pierre-Emmanuel Weck

Photographe

One Comment

  1. lulu

    merci d’avoir formulé en clair ce que je me disais avant de ne pas y aller justement …
    tu parles de « coup de génie » les gens sont ils tombés dans le panneau ? sont ils venus en masse ? ….

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