Les Tortues Jeanine

Presque tout le monde est là. Certains ne viendront plus jamais, d’autres sont vivants mais partis pour d’autres mondes… On sait qu’on ne les reverra plus.

Un an et demi plus tard on discute comme si on s’était quitté la veille.

Les Tortues Jeanine chantent une chanson d’amour et les larmes me monteraient aux yeux. Un enfant m’interpelle à travers la salle « Pierre-Emmanuel tu aimes la musique, hein ! ».
Tellement ailleurs, attentif aux autres, guettant les émotions vraies des uns et des autres pour appendre à comprendre les siennes. La tendresse et la nostalgie, une folie qui aurait un sens, la quête de l’autre qui viendrait combler le manque, faire oublier les douleurs et la solitude…

Et l’on danse pour sentir le vent passer sur sa peau, les paysages et les couleurs tourner autour de soi, s’étourdir de souvenirs inventés, accompagnés de quelques gouttes l’alcool qui nous étourdissent encore davantage. Alors pendant quelques instants le temps prend des aspects d’éternité.
La musique s’arrêtera et on applaudira, trop d’émotions qui ne m’ont pas permis de faire de bonnes images, vite une blague, le rire pour ne pas souffrir. Faire comme s’il ne s’était rien passé mais ne rien oublier. Sentir couler l’oublie pour s’en souvenir à fleur de peau dans la mémoire du corps.

About Pierre-Emmanuel Weck

Photographe

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