Maternité des Lilas

Il y a quelques mois, je suis allé devant la maternité des Lilas pour une action « poussettes » afin de défendre son projet de reconstruction. Quand je suis arrivé, je dénombrais déjà plus de 15 journalistes d’images (photographes et caméramans). Il n’y avait que trois poussettes dont deux vides. Du coup, j’eus du mal à sortir mon propre appareil.

Je retrouvais une amie photographe qui mène un suivi des problèmes de la maternité. Finalement je rentrai mon appareil et entrais dans le cortège des manifestants.

Pendant le trajet, je repensais aux reportages que j’avais faits sur les nouveaux militants. Sur le fait de rendre compte d’un événement qui même grave, ne mobilise pas grand monde mais auquel les médias accordent une grande importance. Sur l’écriture qu’il faut alors développer pour ne pas faire la même image que tous les autres. Sur la manière de rendre compte du tout, l’événement et son traitement, sans dévaloriser (plus de média que de manifestants) ou ridiculiser l’événement ni ceux qui sont là pour en témoigner (tous agglutiné et cadrant de manière identique) .

Ne pas « trahir » la bonne cause mais ne pas raconter n’importe quoi non plus. Ne pas laisser croire que si plus personne ne semble se sentir concerner, les acquis resteront ad vitam. Un droit qui n’est pas utilisé ou qui n’est pas défendu finit par disparaitre. Si la manif n’est plus, depuis bien longtemps, l’alpha et l’oméga de la lutte sociale, on ne me fera pas croire qu’une page de soutien sur Facebook serait son remplacement.

Les individus n’en appelle au collectif que lorsque le sujet les concerne personnellement. Ils réclament alors leurs droits de manière infantile et capricieuse oubliant qu’ils sont leur propre perte. La démocratie est devenue un supermarché, certains droits sont passés de mode et la devise de la République est en solde…

About Pierre-Emmanuel Weck

Photographe

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