Mon­ter des esca­liers dans de vieux immeubles pari­siens, c’est tou­jours la pos­si­bi­lité de mille et une aventures.

C’est comme visi­ter le début d’un inté­rieur de quelqu’un dont on aime­rait en savoir plus, le com­men­ce­ment pro­gres­sif d’une his­toire d’amour ou d’amitié. Et on a l’adresse, on a réussi à fran­chir l’entrée mal­gré les digi­codes et l’on gra­vite len­te­ment les marches de l’escalier qui en a vu tel­le­ment. On se rha­bille un peu au pas­sage, en sur­veillant le moindre bruit pour ne pas se faire sur­prendre le ventre à l’air lorsqu’on remet sa che­mine dans son pan­ta­lon. On tend l’oreille vers les bruits d’appartement, on croise une femme qui vous lance un sou­rire plein de charme et vous tourne la tête au point de se deman­der si l’on ne s’est pas trompé d’adresse, de jour, d’année…

Par­fois on capte une dis­pute, des cris d’enfants… on est un peu voyeur-curieux mais sans mau­vaise conscience car on ne per­çoit que des bribes, on ne peut en entendre d’avantage que ce que les gens laissent fil­trer de leur inti­mité… On est très loin des étalages exhi­bi­tion­nistes de vie pri­vée au télé­phone por­table dans le métro.

Là, on reste dans le mys­tère, une porte peut s’ouvrir à tout ins­tant, une autre claque avant que l’on ait eu le temps de savoir à quel étage, dans quel couloir.

Enfin on est main­te­nant devant la bonne porte. On se redresse, on prend sa res­pi­ra­tion et on sonne. Quelques bruits de pas, par­fois un “J’arrive, j’arrive !”, la porte s’ouvre et une nou­velle aven­ture commence…

 

Une Réponse pour Les escaliers

  1. anonymous dit :

    Magni­fique

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