Je me suis long­temps demandé pour­quoi la vision des sapins sur les trot­toirs les len­de­mains de Noël me lais­sait un goût amer…

Comme on vide les fonds de bou­teilles dans l’évier, on jette le gâteau à peine entamé, on ne rap­pelle pas un vieil ami, on ne garde pas un des­sin d’enfant… Le sapin est le sym­bole de ce désen­chan­te­ment du monde des adultes délais­sant celui de l’enfance.

Le sapin est la chose dont il faut se débar­ras­ser au len­de­main de la fête, l’intime que l’on va délais­ser sur le domaine public, un ins­tant de bon­heur trans­formé en déchet.

Les films sur Noël sont tou­jours emplis de ce mythe naïf d’une pos­sible renais­sance, d’un chan­ge­ment radi­cal qui nous ferait voir la vie défi­ni­ti­ve­ment dif­fé­rem­ment, où tout bas­cu­le­rait vers un monde meilleur.
Et l’on reprend le cours “nor­mal” de nos vies, c’est donc que nous avons conscience que le monde “nor­mal” ne l’est pas tout à fait.

Il y a comme du res­sen­ti­ment dans ce rap­pel insup­por­table du renon­ce­ment de l’enfance.

D’autant plus que le monde mar­chand s’empare de Noël pour en faire un acte d’achat sup­plé­men­taire qui va à l’encontre du sens pre­mier de Noël, il nous enferme dans le piège de la société de consom­ma­tion (avec charge culpa­bi­li­sa­trice) qui nous vide de nos désirs, de nos illu­sions et pol­lue nos rêves d’enfance.

C’est sans doute pour ça qu’il y a tant d’adultes qui n’aime pas Noël qui devrait pour­tant être une fête d’apaisement, pour renouer des liens fami­liaux ou, pour ceux qui ont des familles impos­sibles, avec soi-même.

 

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