J’ai été libraire, pen­dant une semaine, à la librai­rie sur le cirque au salon du livre et de la presse jeu­nesse de Montreuil.

Si les jour­nées durent sou­vent plus de 10h, chaque jour fut différent.

Le mer­credi, ce sont les centres aérés. Des hordes d’enfants déferlent sur le stand, enca­drés par des ani­ma­teurs à peine pubères qui, quand on le leur rap­pelle, com­prennent bien que les livres ne doivent pas trop être mani­pu­lés ner­veu­se­ment et emmènent les enfants en face à la bibliothèque.

Les jeudi et ven­dredi, ça pour­rait res­sem­bler au mer­credi mais là, « l’encadrement » est (mal)assuré par les ins­tits. La librai­rie sert alors prin­ci­pa­le­ment d’espace de sto­ckage des classes pen­dant que les profs font une pose entre deux expo­si­tions. C’est un défilé de cari­ca­tures. De la dépres­sive qui cherche une recon­nais­sance, à la vieille auto­ri­taire sans ima­gi­na­tion, de la midi­nette à peine diplô­mée, comme vide, ne cadrant stric­te­ment rien à la bour­geoise outrée que l’on ne lui fasse pas de réduc­tion… On fini par com­prendre pour­quoi, sans même avoir à se remé­mo­rer les absur­di­tés que l’on a vécues enfant, on avait un fond de ran­cune envers ce corps de métier.

Le ven­dredi soir avec la noc­turne et les samedi et dimanche, ce sont les familles. On voit pas­ser plein de bébés, les pous­settes forment des embou­teillages mais c’est assez plai­sant. On remarque les dif­fé­rents com­por­te­ments sociaux des parents envers le livre. Il y a ceux qui poussent leurs enfants à les prendre en mains (c’est un pro­duit nor­mal de tous les jours) et ceux qui se sentent gênés par tous ces tas de feuilles, ne savent où poser le regard et entraine leurs enfants loin de la librai­rie pour aller plu­tôt écou­ter les clowns sur la piste à côté.

Et puis il y a le lundi syn­thèse de toute la semaine : mépris, arro­gance, dédain, je-m’en-foutisme… en quelques minutes les rayons sont dans un bazar incroyable, ça tri­pote les livres avec leurs doigts gras tout en man­geant leur sand­wich, on a dû reti­rer plus de livres abi­més en cette jour­née que pen­dant toutes les précédentes…

Heu­reu­se­ment, l’équipe du salon était aux petits soins et l’espace VIP était pourvu de café et de fraises tagada !

 

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