Ces der­nières années, j’ai fait pas mal d’autoportraits. Cela a com­mencé lors d’un voyage à Lyon où je recher­chais un amour d’enfance, puis quand il s’est avéré que je ne serais plus pho­to­graphe pro­fes­sion­nel en ren­dant visite à l’URSSAF pour un étale­ment de dettes… Ce fut donc un double mou­ve­ment entre un passé mythi­fié et un pré­sent devenu incertain.

Lyon

Le para­doxe est que j’ai tenté d’aborder cette quête par la pho­to­gra­phie au moment où elle n’était plus mon iden­tité sociale, mais demeu­rait per­son­na­lité profonde.

Paris

Je me suis aussi rendu compte que je ne me pho­to­gra­phiais pas de face, il fal­lait que l’appareil reste dans mes mains et j’utilise un reflet pour prendre l’autoportrait. Je ne pho­to­gra­phie que des reflets pas des auto­por­traits nar­cis­siques (en temps nor­mal, je ne me regarde jamais dans les miroirs).

Enfer

Paris

Paris

Les autres auto­por­traits cor­res­pondent à des repor­tages où je m’étais senti plu­tôt bien. Comme la Pré­fec­ture d’Ile-de-France pour laquelle j’ai agréa­ble­ment tra­vaillé me don­nant un sen­ti­ment de sta­bi­lité, voire d’éternité à tra­vers l’institution d’État, une grande famille, trans­cen­dance des indi­vi­dus dans une struc­ture politique.

Pré­fec­ture d’Ile-de-France

Une autre fois, chez un sty­liste à la per­son­na­lité forte et exu­bé­rante, me ren­voyant à ma propre per­son­na­lité camé­léon et impersonnelle.

Ate­liers Lema­rié, Paris

Sinon, dans des villes tra­ver­sées char­gées d’Histoire comme pour inter­ro­ger la ville sur ce qu’il reste des his­toires per­son­nelles dans la mémoire col­lec­tive ou inter­ro­ger ma mémoire sur ce qu’il me reste de moi-même dans ma propre histoire.

Saint-Pétersbourg

J’ai abordé cet exer­cice en uti­li­sant mon image, mais sans me cher­cher tout à fait sur le plan de l’image. Ma sil­houette appa­rais­sait par­fois dans le cadre, sa pré­sence me sur­pre­nant comme on dirait “Ah tient, tu es là, toi ?!” Je n’ai pas tenté de réa­li­ser un por­trait res­sem­blant, valo­ri­sant ou me situant dans une dimen­sion sociale, j’ai uti­lisé mon reflet comme maté­riel gra­phique (celui que j’avais sous la main) sans pré­mé­di­ta­tion. Bien sûr cette manière de faire révèle for­cé­ment quelque chose en psy­cho­lo­gie dont je n’ai d’ailleurs pas encore trouvé la signi­fi­ca­tion (mais la cherche-t-elle vrai­ment ? Je me laisse por­ter par les frac­tions d’intentions de faire ces images, j’espère, sans l’attendre, que leur accu­mu­la­tion finira par opé­rer peut-être une révélation.

Le Petit Fer à Che­val, Paris

En atten­dant, l’exercice m’est plai­sant graphiquement.

Papillon d’Alice Dourenn

 

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