La Une comme tract électoral

La dernière Une du journal de Lyon Capital du mois de mars 2011 vaut son pesant de cacahouètes !

Sans même aller au-delà de la couverture, on sent bien que ce journal n’aime pas son maire…

Gérard Collomb, le visage fatigué, monte dans sa voiture, fuyant comme un homme traqué,  fixant une dernière fois le téléobjectif du photographe comme pris en faute, ayant certainement des choses à se reprocher.

Le titre principal, centré sur la page annonce un lourd “Bilan“. Le maire est appelé (à la barre ?) par son nom de famille, sans titre ni prénom marquant la distance, voire le mépris. Les “10 ans de pouvoir“ (voir la requête sur Google dont le résultat donne clairement une orientation négative), séparés d’une virgule d’avec le nom du maire lui collent à la peau. Il n’est plus que cet exercice du pouvoir ce qui sous entend qu’il ne serait pas tout à fait légitime, pas démocratique. On est loin d’un gestionnaire, d’un garant des institutions, de la cohésion d’un territoire, etc. Le titre couplé à l’image semble finalement tronqué et   appel la suite naturelle : “ça suffit !”

Mais ce n’est pas tout, les autres titres du journal ajoutent quelques messages subliminaux dont les mots clés seraient : “à la loupe“, “ne veut pas prolonger“, “hackeurs“, “révolutions“, “polémique“…

Les 80 collèges du Grands Lyon à la loupe” fait écho au “Bilan” du mandat mené comme une enquête où rien en sera laissé au hasard, tout sera passé au crible même ce qu’on ne voit pas d’ordinaire à l’œil nu. “Enseignement” nous invite à tirer les conclusions de tout cela et à passer à autre chose pour les prochaines élections.

Aulas ne veut pas prolonger Puel” fait écho au “Collomb, 10 de pouvoir” qu’il ne faudrait pas prolonger non plus (entraineur de l’équipe de foot de Lyon, sujet à polémique lors de la mauvaise saison 2010-2011, voir l’article du Parisien : “Lyon : ça chauffe entre Puel et Aulas”).
Entretien exclusif” ajoute une atmosphère de révélation, déjouant les sombres complots grâce aux travail de mise en lumière de la presse.

La photo, en bas à droite, au premier plan flou, cadrée de travers, d’une manifestation point levé en bas donne un sentiment de désordre, de bousculade, de danger d’autant que ce serait des “hackeurs” personnages troubles et mal définis, qui auraient “aidés (des) révolutions“.

Et pour finir le titre qui m’a fait le plus rire “Polémique. Faut-il avoir peur des gaz de schiste ?” qu’il faut bien entendu lire comme “il faut avoir peur des gauchistes !”

About Pierre-Emmanuel Weck

Photographe

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