Sous le pont du RER Laplace, collent les affiches…

Le pont du RER Laplace (ligne B) est traditionnellement un lieu d’affichage en tout genre.

Habituellement, il y a toujours un côté réservé à deux affiches pour le cinéma de Cachan, La Pléïade.

Si l’on a le malheur de les recouvrir, même juste sur le bord, le colleur du cinéma remet une nouvelle affiche dans les 24 heures. Mais pour la campagne des élections présidentielles, il a dû prendre des vacances…

Toute la largeur du pont fut alors recouverte d’affiches électorales.

Dès le début, le Parti communiste est venu marquer son territoire, il faut dire que son local est à deux pas et qu’il peut surveiller le pont de ses fenêtres.

Ensuite, les petites listes de gauche ont pointé leurs nez, mais sans jamais recouvrir totalement le PC, on est concurrent, mais on se respect.

Les Verts sont bien venus faire un passage, mais je n’ai pas eu le temps de l’immortaliser que Marie Georges Buffet revenait rageusement, ne laissant aucune place à Dominique Voynet, sinon de très légères bordures vertes… Là, il y avait comme un fond de haine.

Il en fut ainsi pendant plusieurs semaines, chacun son tour.

Un jour François Bayrou vint. On était dans l’expectative. Il ne fut pas totalement recouvert comme si l’on daignait lui laisser un peu de présence, il venait troubler le jeu gauche-droite avec un peu plus de poids que les groupuscules de gauche. Une petite pique aux grands partis par procuration en somme…

Puis enfin, Ségolène Royal relança sa campagne, elle arriva en force rappeler le vote utile. Les communistes liquidèrent leurs dernières affiches. Ségolène Royal tenait le terrain. La veille du premier tour, Nicolas Sarkozy inondant les murs et nargue la ville rouge, genre bulldozer qu’on n’avait pas vu venir. Ségolène Royal revint. Fin du premier acte.

L’entre-deux tour fut une alternance de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal faite d’affiches officielles massives et de petites feuilles photocopiées d’initiatives individuelles, jusqu’à l’overdose.

Soudain, pour marquer la fin de la campagne officielle, un groupe d’individus rageur et désespéré des sondages vient lacérer, déchiqueter, arracher et détruire les visages des candidats en laissant les copeaux d’affiches au sol.

About Pierre-Emmanuel Weck

Photographe

One Comment

  1. C’est quand même la dernière qui est la plus belle…

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