Je devais faire un por­trait de Mau­rice Arnoult pour le plus ancien jour­nal asso­cia­tif de Paris « Quar­tiers Libres ». C’était au début des années 90.

Je me poin­tait donc direc­te­ment à l’atelier de Mau­rice. C’était un peu comme s’il m’attendait, comme si on se connais­sait déjà. Je m’installe en face de lui. On se met à dis­cu­ter de tout et de rien. Il répond poli­ment à mes ques­tions sur sa vie, son métier, Belleville…

Il y avait une jeune fille dans son ate­lier qui nous écou­tait et pre­nait timi­de­ment part à la conver­sa­tion de temps en temps.

Mau­rice aimait la pré­ci­sion de la langue, quand il dou­tait d’une for­mule ou d’un mot, il me deman­dait mon avis puis confron­tait dans un vieux dic­tion­naire, nos défi­ni­tions respectives.

Je suis plu­sieurs fois revenu le voir et puis j’ai quitté Bel­le­ville. Sou­vent j’ai voulu le revoir, lui, et tel­le­ment d’autres.

Quand je tra­vaillais la nuit à Paris, je pas­sais tous les soirs devant le Mur des Justes où figure son nom. Ça ne m’a pas étonné de sa part.

En met­tant ces pho­tos en ligne, j’ai par­couru le net pour apprendre qu’il était mort en avril 2010 à 102 ans.

Il existe un blog et un site à son nom. Sur le site de Yad Vashem France on trouve son dos­sier avec une vidéo où il raconte un bout de son his­toire (que l’on peut lire dans son livre) ainsi que l’annonce de sa mort. Paris Match lui a fait un portrait.

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